Les Croates approuvent leur entrée dans l’UE

Les Croates ont dit "oui" à l’entrée de leur pays dans l’Union européenne à compter du 1er juillet 2013 malgré l’inquiétude soulevée par les difficultés actuelles de la zone euro.

EURACTIV.fr
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Les Croates ont dit « oui » à l’entrée de leur pays dans l’Union européenne à compter du 1er juillet 2013 malgré l’inquiétude soulevée par les difficultés actuelles de la zone euro.

Le résultat est sans appel. Les Croates ont massivement approuvé, dimanche 22 janvier, leur adhésion à l’Union européenne. Le « oui » l’a emporté avec 66% des voix, selon les résultats publiés par la commission électorale nationale. 

Si les 27 parlements nationaux de l’UE font le même choix dans les mois à venir, la Croatie deviendra ainsi le 28e pays membre au 1er juillet 2013. 

Manifestations nationalistes

Le président croate, Ivo Josipovic, a déclaré après avoir voté dans la matinée du 22 janvier que c’était « un grand jour pour la Croatie » et que « l’année 2013 marquera un tournant dans [l’histoire du pays] ». « J’attends avec impatience le jour où je pourrai considérer toute l’Europe comme ma maison, » a-t-il ajouté.

Mais son enthousiasme n’a pas été partagé par l’ensemble de ses concitoyens. La participation citoyenne n’a été que de 44%. Ce faible score reflète probablement une incompréhension des enjeux et des atouts de l’appartenance au bloc européen, et l’idée que tout est joué d’avance. 

Les derniers jours de campagne ont été marqués par des manifestations de nationalistes dans le centre de Zagreb. Ils dénonçaient la perte de souveraineté que représente selon eux l’adhésion à l’UE. 

Créativité 

Dans un communiqué à la nation publié samedi, le chef de l’État avait déclaré : « L’Europe ne va pas résoudre tous nos problèmes mais c’est une grande opportunité. »  

« La Croatie ne va pas perdre sa souveraineté ou ses ressources naturelles pas plus qu’elle ne sera dirigée par l’UE », avait-il ajouté, s’efforçant d’apaiser les craintes d’une possible perte de souveraineté.

Après la victoire du « oui », la ministre des Affaires étrangères, Vesna Pusic, bien que visiblement enchantée, a fait preuve d’une grande prudence. « L’instabilité politique est désormais derrière nous avec ce résultat mais le reste dépendra de nos capacités et de notre créativité. Nos chances en seront améliorées mais personne ne fera le travail à notre place ».  

L’argent européen 

Dans une déclaration commune, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ont salué « le résultat positif du référendum ». « L’appartenance à l’UE apportera de nouvelles opportunités pour tous et favorisera la stabilité et la prospérité » du pays. 

La Croatie, peuplée de 4,2 millions d’habitants, a connu depuis 2009 deux ans de récession et s’attend à une contraction de son économie cette année.  

Son PIB par habitant équivaut à 61% de celui de la moyenne européenne, mais le pays espère recevoir, dans l’année suivant son adhésion à l’UE, pour près de 450 millions d’euros de fonds pour financer des projets de développement (soit 1% de son PIB).  

« Seul l’argent européen peut relancer la croissance », souligne Zdravko Petak, professeur de sciences politiques à Zagreb. « La Croatie n’a pas et n’aura pas (toute seule) l’argent pour financer les infrastructures, développer les zones rurales et financer les réformes du marché du travail. »