Les députés flamands veulent indemniser les anciens collabos
« Amnistier » et « indemniser » les personnes condamnées après 1945 pour collaboration. Ce sont les objectifs d’une proposition de loi à l’étude au Parlement belge, soutenue par la quasi-totalité des partis flamands.
« Amnistier » et « indemniser » les personnes condamnées après 1945 pour collaboration. Ce sont les objectifs d’une proposition de loi à l’étude au Parlement belge, soutenue par la quasi-totalité des partis flamands.
L’ensemble des votes des partis francophones belges, soutenus par les écologistes flamands, n’aura pas suffi. Grâce à leur supériorité numérique, les formations politiques flamandes ont réussi à inscrire à l’agenda législatif une proposition de loi effaçant toutes les condamnations pour collaboration pendant la Seconde Guerre Mondiale. Une première dans le pays.
Victimiser les collabos
Depuis 20 ans, l’extrême droite flamande, représentée par le parti xénophobe et séparatiste Vlaams Belang, dépose ce texte tous les ans à la Chambre et au Sénat.
Ce vote communautaire a provoqué une vague d’indignations alors que le pays est plongé dans une crise politique depuis plus d’un an. Francophones et Flamands ne peuvent se mettre d’accord sur les réformes de l’État.
Pour les Francophones, ce vote est une provocation. « C’est un coup de canif dans l’histoire et la mémoire des Belges. Le texte proposé est, en outre, une violation de la foi donnée à des décisions de justice. C’est une négation de l’État de droit. C’est consternant ! Cela ne restera pas sans suite et cela n’aidera pas les négociations gouvernementales », a déclaré Francis Delpérée, sénateur francophone dans la presse belge.
Pour justifier leur vote, les hommes politiques flamands avancent l’argument de la liberté d’expression. « Le Parlement est le seul lieu où l’on peut parler de tout, s’est justifié le sénateur Bert Anciaux (Sp.a – socialiste flamand) au quotidien belge Le Soir. Notre vote n’a pas porté sur le contenu, simplement sur le fait que l’on peut en débattre. »
Quelque chose de pourri en Flandre
Le ministre de la Justice belge, Stefaan de Clerck (conservateur flamand) a soutenu la tenue de ce débat, considérant qu’il était peut-être temps « d’oublier » le passé ». Il s’est attiré les foudres des associations juives du pays.
Le chef du groupe Ecolo au Sénat, Jacky Morael (Verts francophones), dénonce pour sa part le climat politique en Flandre devenu, « extrêmement puant, malsain, et anti-démocratique. Une certaine Flandre doit reconnaître qu’elle s’est fourvoyée avec l’occupant nazi, avec la Gestapo, qu’elle a permis l’arrestation de résistants, sous prétexte de faire avancer son projet nationaliste ».
Le fils Van Rompuy
Le blogueur et chroniqueur belge Marcel Sel a publié sur son site, la liste des sénateurs belges qui ont voté l’inscription de la proposition de loi à l’agenda de la Chambre. Parmi eux, Peter Van Rompuy, qui n’est d’autre que le fils d’Herman Van Rompuy, l’actuel Président du Conseil européen.