Les dirigeants d’entreprises appellent à un pacte européen des compétences [FR]
Un rapport clé lancé hier (26 mars) au Sommet européen des affaires appelle les gouvernements à financer la formation de travailleurs qui seraient, dans le cas contraire, licenciés. Cette mesure vise à combler les écarts grandissants entre les compétences des travailleurs en Europe.
Un rapport clé lancé hier (26 mars) au Sommet européen des affaires appelle les gouvernements à financer la formation de travailleurs qui seraient, dans le cas contraire, licenciés. Cette mesure vise à combler les écarts grandissants entre les compétences des travailleurs en Europe.
Sous l’empire du plan proposé, les entreprises qui envisagent de licencier du personnel ou de diminuer la semaine de travail de leurs employés pourront demander des fonds publics pour augmenter les compétences de leurs équipes.
Le rapport sur les compétences et l’innovation, rédigé par l’école de commerce INSEAD, montre que l’Europe a un bon niveau dans le domaine des compétences de base et de la littérature. Le document dépeint toutefois un tableau sombre quant à la capacité européenne à concourir dans l’économie mondiale de la connaissance.
L’étude a souligné que les niveaux élevés de l’éducation à eux seuls ne constituent pas une garantie de compétitivité durable.
Ne pas doter la main-d’œuvre de l’ensemble des compétences nécessaires au monde des affaires moderne pourrait coûter des millions à l’Europe, selon Bruno Lanvin, directeur général de l’eLab, à l’INSEAD, et auteur du rapport présenté hier (26 mars).
Selon lui, sans une action rapide et significative pour créer les compétences requises, beaucoup de paquets de relance et d’investissements déjà effectués pourraient ne servir à rien. L’Europe doit désormais maintenir et développer ses compétences et ses ressources humaines pour sortir de la crise, a-t-il indiqué.
Le rapport, financé par Microsoft et Shell, appelle à un pacte européen des compétences entre les acteurs du système éducatif, les employeurs, les investisseurs, les décideurs et les citoyens. Le document fixe six actions prioritaires qui doivent être menées immédiatement :
- lancer une alliance européenne public-privé pour garantir la réorientation de la main d’œuvre excédentaire en période de crise ;
- réorganiser les fonds structurel européens destinés à la formation et à la réorientation entre 2007 et 2013 vers les secteurs qui ont le plus de chances de contribuer à la compétitivité de l’Europe après la crise ;
- identifier et intensifier les initiatives public-privé efficaces et les partenariats (tels que JetNet) qui visent à développer l’intérêt des jeunes pour les mathématiques, les sciences et pour les carrières dans les domaines de l’ingénierie, des technologies de l’information et de la communication et de la protection de l’environnement ;
- renforcer et développer les partenariats entre des écoles de commerce de haut niveau pour créer des compétences économiques globales dont l’Europe a besoin pour développer les avantages de sa stratégie de Lisbonne et pour être à la pointe de l’innovation ;
- encourager la mobilité des compétences au sein de l’Europe, tout comme entre l’Europe et le monde ;
- promouvoir des approches novatrices dans le domaine de l’éducation, notamment par le biais de l’enseignement en ligne et l’enseignement à distance, la concurrence et l’innovation.
Le rapport a été présenté par le vice-président de la Commission européenne Günter Verheugen, qui a déclaré que les compétences seraient au centre du projet de la Commission pour la succession de l’agenda de Lisbonne.