Les dirigeants européens espèrent forcer Tsipras à prolonger le sauvetage

Les ministres des Finances de la zone euro ne sont pas parvenus à s'accorder sur la question grecque. Alexis Tsipras à Bruxelles pour son premier sommet européen, compte défendre la non-prolongation du programme de sauvetage de la Grèce ainsi qu'un nouveau délai pour renégocier la dette. 

EURACTIV.com
Alexis Tsipras
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Les ministres des Finances de la zone euro ne sont pas parvenus à s’accorder sur la question grecque. Alexis Tsipras à Bruxelles pour son premier sommet européen, compte défendre la non-prolongation du programme de sauvetage de la Grèce ainsi qu’un nouveau délai pour renégocier la dette. 

Le sujet de l’extension du plan d’aide internationale à la Grèce n’est pas officiellement au programme du sommet européen du 12 février, mais les dirigeants des Etats membres devraient néanmoins en discuter, après l’échec des pourparlers lors de la réunion des ministres de Finances de la zone euro le 11 février. 

Le nouveau Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a promis à ses électeurs de ne pas céder aux exigences de l’UE, qui espère prolonger le programme d’austérité, et ce « peu importe comment » l’Allemagne le demande. Le plan de sauvetage international actuel expire le 28 février.

« Nous ne négocions pas le sauvetage, son échec l’a annulé de lui-même », a insisté Alexis Tsipras devant le parlement grec le 10 février, avant de remporter largement un vote de confiance.

>> Lire : Le ton monte entre Athènes et le reste de l’UE

Discussion bloquée à L’Eurogroupe

Les ministres des Finances de la zone euro et la Grèce ont dressé le constat de leur incapacité à s’entendre ne serait-ce que sur une déclaration commune à l’issue de cette une réunion, et se sont donnés rendez-vous lundi pour tenter de parvenir à un accord.

« Nous avons étudié un certain nombre de sujets, dont l’un était l’actuel programme [d’aide internationale] », a déclaré Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe au cours d’une conférence de presse.

« Nous avons parlé de la possibilité d’une extension. Pour certains d’entre nous, il est évident que ce serait la meilleure solution, mais nous ne sommes pas encore parvenus à un accord à ce sujet. Il nous faut un peu plus de temps », a-t-il ajouté.

Sortir de l’impasse

De leur côté, les diplomates tentent de mettre sur pied une stratégie leur permettant de sortir de l’impasse, sans pour autant entrer dans une confrontation directe qui pourrait entrainer la Grèce vers une sortie de la zone euro.

Selon une source diplomatique européenne, le fait qu’Athènes demande plus de temps implique pourtant « une solution logique, c’est l’extension du programme [de sauvetage] ».

Celui-ci admet néanmoins que, pour la Grèce, le concept même d’une prolongation du programme est inacceptable. « La difficulté c’est que le concept même d’extension du programme est quelque chose qui gêne politiquement le gouvernement grec ». Les négociateurs de l’UE cherchent donc un moyen de rendre cette perspective moins amère pour Alexis Tsipras, afin qu’il puisse convaincre son électorat.

Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a proposé une période de transition de six mois pour rééchelonner la dette du pays. Les dirigeants européens espèrent s’appuyer sur cette proposition pour négocier un prolongement officiel du programme de sauvetage.

« Y a-t-il moyen néanmoins d’aller dans ce sens tout en ménageant […] cette notion d’extension du programme, je crois que c’est le cœur de la discussion », estime la source diplomatique.

Un compromis pourrait donc se situer au niveau « du vocabulaire, du contenu, des modalités de mise en œuvre et du dispositif de suivi » de la Troïka, qui supervise la mise en place des réformes prévues dans les accords de sauvetage.

>> Lire : Jean-Claude Juncker rejette l’idée de supprimer la dette grecque

Le nouveau gouvernement grec n’est de fait pas totalement opposé à certaines des réformes négociées par le gouvernement précédent, dirigé par les conservateurs. Le 9 février, Yanis Varoufakis a ainsi déclaré qu’Athènes souhaitait supprimer 30 % des conditions de sauvetage actuelles, qui seraient remplacées par des mesures approuvées par l’Organisation de coopération et de développement économiques. Le gouvernement entend en outre appliquer 70 % des recommandations.

« Lesquelles, dans quelles proportions par rapport au total ; est-ce que c’est suffisant pour qu’on puisse parler effectivement d’extension du programme vu par la BCE et la task force. C’est ça l’espace de discussion », explique le diplomate européen.

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