Les dirigeants européens vont débattre de la flambée des prix du carburant [FR]
Alors que les dirigeants européens se préparent à discuter de mesures nécessaires pour faire face à la crise actuelle des prix du pétrole au sommet de Bruxelles aujourd’hui, les principaux responsables politiques européens affirment que la meilleure solution est d’imposer des objectifs plus ambitieux en termes d’efficacité du carburant pour les voitures.
Alors que les dirigeants européens se préparent à discuter de mesures nécessaires pour faire face à la crise actuelle des prix du pétrole au sommet de Bruxelles aujourd’hui, les principaux responsables politiques européens affirment que la meilleure solution est d’imposer des objectifs plus ambitieux en termes d’efficacité du carburant pour les voitures.
Aujourd’hui et demain (les 19 et 20 juin), la réunion des dirigeants européens à Bruxelles discutera des progrès à accomplir pour faire face à la crise actuelle des prix qui affecte les citoyens et les entreprises et accroît l’inflation. Un certain nombre de mesures proposées par la Commission destinées à réduire les effets des hausses des prix du carburant sur les catégories les plus pauvres de la population de l’UE à court et à long terme figureront à l’ordre du jour (EURACTIV 12/06/08).
Les propositions de la France consistant à accorder des subventions pour le pétrole aux transporteurs routiers et aux agriculteurs pourraient entraîner un débat très animé, puisque ces mesures sont soutenues par certains Etats membres et fermement rejetées par d’autres. Des mesures concrètes visant à faire face à la crise actuelle sont attendues d’ici la fin de l’année.
Alors que des milliers de chauffeurs de poids lourds et de taxis se sont réunis pour protester en masse contre la flambée des prix du pétrole à Bruxelles le 18 juin, plusieurs eurodéputés ont affirmé que la Commission avait jusqu’ici ignoré le rôle de la spéculation dans l’origine de la hausse des prix. Les verts ont également proposé de coordonner des taxes nationales sur les spéculateurs du domaine de l’énergie afin d’aider les catégories les plus pauvres de la population et de financer des mesures éco-énergétiques.
Au cours d’un débat au Parlement, le commissaire européen à l’Energie, Andrís Piebalgs, a minimisé l’impact de la spéculation, affirmant qu’il est impossible que les entreprises conservent d’importantes réserves de pétrole et qu’aucune entreprise européenne ne bénéficiait de la situation sans investir. Selon M. Piebalgs, la bonne solution est de faire de l’efficacité énergétique la priorité principale, tout comme encourager les sources d’énergie renouvelables et alternatives, comme le nucléaire. Le ministre slovène aux Affaires européennes, Janez Lenar?i?, partage également ce point de vue.
Une analyse publiée le 18 juin par la Fédération européenne pour le transport et l’environnement (T&E), souligne également l’importance de l’efficacité énergétique dans le secteur des transports. L’analyse montre que l’UE dépense 1 milliard d’euros par jour, soit l’équivalent de 750€ par citoyen européen et 3% du PIB de l’Union, pour importer le pétrole, puisque les dirigeants reviennent sur leurs pas concernant les véhicules éco-énergétiques. C’est quatre fois plus qu’en 2003 et cela dépasse tous les records, indique l’analyse.
T&E affirme que les avantages économiques des voitures plus performantes en termes d’émissions de CO2 sont sous-estimés. Etant donné que le transport est responsable de 2/3 de la consommation européenne en pétrole et qu’il y a un potentiel technologique impressionnant pour rendre les voitures plus écologiques, la fédération conclut que la meilleure mesure pour que l’UE parvienne à réduire les coûts liés à l’importation du pétrole est d’introduire des objectifs obligatoires portant sur la performance pour la réduction des émissions.