Les discussions avec le Kosovo freinent les négociations d’adhésion de la Serbie à l’UE

Des négociations décisives destinées à mettre fin à la partition ethnique de l’ancienne province serbe du Kosovo n’ont pas abouti ce matin (3 avril). Cet échec représente un sérieux revers pour la Serbie, qui espère entamer les négociations sur l’adhésion à l’UE cette année.

EURACTIV.com / Reuters
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Des négociations décisives destinées à mettre fin à la partition ethnique de l’ancienne province serbe du Kosovo n’ont pas abouti ce matin (3 avril). Cet échec représente un sérieux revers pour la Serbie, qui espère entamer les négociations sur l’adhésion à l’UE cette année.

 



La haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, sert de médiateur depuis des mois dans les pourparlers entre la Serbie et le Kosovo. Elle a indiqué que le fossé entre les deux parties était « très étroit, mais profond », après un marathon de douze heures.

Mme Ashton a déclaré que la réunion à Bruxelles, la huitième entre les premiers ministres de la Serbie et du Kosovo, était la dernière au cours de laquelle toutes les parties se réuniraient officiellement sous la houlette de l'UE. L'objectif des pourparlers était la « normalisation des relations », cinq ans après la déclaration d'indépendance du Kosovo, avec le soutien de l'Occident.

À présent, les deux délégations « vont retourner dans leur capitale et consulter leurs collègues, puis me laisseront connaître leurs positions dans les prochains jours », a déclaré Mme Ashton dans un communiqué. La porte reste donc ouverte à la conclusion d'un accord.

La haute représentante de l'UE publiera un rapport de suivi à la mi-avril. Ce document constituera la base pour une décision de l'UE en juin sur le lancement des négociations d'adhésion avec la Serbie. Il s'agit d'une incitation indispensable à la réforme et à un signe de stabilité pour les investisseurs intéressés par la plus grande économie de l'ex-Yougoslavie.

Le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008, près de dix ans après que l'OTAN est entrée en guerre afin de mettre fin aux meurtres et à l'expulsion des civils d'ethnie albanaise au cours d'une campagne brutale de la Serbie contre l'insurrection dans l'ancienne province de la Serbie.

Belgrade ne reconnaît pas la sécession, mais subit la pression de l'Occident afin d'établir des relations fonctionnelles avec le jeune État du Kosovo et de relâcher son emprise sur la région du nord du pays peuplée de Serbes.

La partition ethnique de fait entre la majorité albanaise du Kosovo et les Serbes du nord est au cœur du dialogue de Bruxelles et empêche la Serbie de progresser dans l'adhésion à l'UE.

Le premier ministre serbe, Ivica Da?i?, et son homologue kosovar, Hashim Thaçi, ancien commandant de guérilla, ont indiqué qu'il restait suffisamment de temps.

« Ce n'est pas la fin ; il y aura d'autres négociations à Belgrade », a déclaré M. Da?i? à des journalistes. « Nous avons encore du temps pour trouver une solution et concilier nos points de vue après ces longs pourparlers. »

M. Thaçi a évoqué la possibilité d’organiser une autre réunion la semaine prochaine « si la Serbie accepte les principes ». Il n'a cependant précisé ni le lieu ni le médiateur.

« Nous espérons qu'ils utiliseront […] les prochains jours pour réfléchir sincèrement », a-t-il déclaré à des journalistes. « Je continue d'espérer qu'un accord peut être conclu. »

Intéressée par des liens économiques plus étroits avec l'UE, la Serbie a fait une concession majeure en proposant de reconnaître l'autorité du gouvernement du Kosovo sur le nord peuplé de Serbes, mais souhaite une autonomie pour ses 50 000 ressortissants.

MM. Da?i? et Thaçi sont en désaccord sur les pouvoirs que le nord devrait exercer, et surtout sur la mise en place d'un système de justice et de police propre à cette région.