Les divisions persistent sur le soutien à la Grèce
Le Conseil réunissant les ministres européens des Finances n’a pas permis d’avancer sur le dossier. Les modalités de la participation des banques privées au deuxième plan de sauvetage continuent de faire débat.
Le Conseil réunissant les ministres européens des Finances n’a pas permis d’avancer sur le dossier. Les modalités de la participation des banques privées au deuxième plan de sauvetage continuent de faire débat.
La Grèce a besoin d’un deuxième plan d’aide mais les États achoppent sur la méthode. La réunion des ministres européens des Finances, hier à Bruxelles, n’a pas permis de lever les désaccords. En jeu, la participation des banques privées au paquet de 120 milliards d’euros dont la Grèce a besoin.
Défaut de paiement camouflé
Introduite par Berlin, l’idée est déclinée différemment selon les pays. Certains États, comme l’Autriche, sont partisans d’un soutien obligatoire des banques privées. D’autres, comme la France, préfèrent que leur participation se fasse sur une base volontaire.
Et les divisions ne s’arrêtent pas là. Berlin soutient par exemple la possibilité pour Athènes d’échanger ses obligations contre d’autres dont l’échéance serait rallongée de sept ans. Une solution qui aboutirait à un défaut de paiement, selon Standard and Poor’s, et dont les répercussions pourraient éclabousser les banques françaises.
Conséquences pour les banques
Dans un communiqué du 15 juin, l’agence Moody’s a souligné « l’incohérence potentielle qui pourrait exister entre un défaut ou une restructuration (de la dette grecque) et les notes actuelles » de certaines banques. Les notations de BNP Paribas et du Crédit agricole pourraient ainsi être abaissées d’un cran, voire de deux pour la Société Générale. Elles sont pour le moment placées sous surveillance.
Or, Paris, Madrid et la Banque centrale européenne cherchent à tout prix à éviter une nouvelle dégradation de la note grecque. Leurs dirigeants plaident donc pour que les banques souscrivent, si elles le souhaitent, à de nouveaux emprunts, au fur et à mesure que les anciennes obligations de l’État grec arrivent à échéance (méthode dite du roll over).
Le sujet sera de nouveau à la table des discussions des ministres les 19 et 20 juin. Le ministre des Finances luxembourgeois, Luc Frieden, a prévenu : « Je ne suis pas sûr que nous trouverons une solution la semaine prochaine ».
Depuis la fin de l’année 2009, les pays de la zone euro vivent une violente crise économique. EURACTIV.fr vous propose une rétrospective et un suivi quotidien de l’évolution des évènements.