Les Espagnols ont envoyé un message ambivalent lors des élections régionales
Hier (21 octobre), le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a reçu le soutien pour sa politique d’austérité dans sa région natale, la Galice. Des victoires de partis nationalistes dans le Pays basque pourraient toutefois être un casse-tête pour le gouvernement de centre-droit.
Hier (21 octobre), le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a reçu le soutien pour sa politique d’austérité dans sa région natale, la Galice. Des victoires de partis nationalistes dans le Pays basque pourraient toutefois être un casse-tête pour le gouvernement de centre-droit.
En Galice, le Parti populaire a pris des mesures d'austérité bien avant que M. Rajoy ne devienne premier ministre il y a un an. La région a considéré les élections comme un référendum sur la capacité du gouvernement espagnol à gérer la crise de la zone euro.
Cette victoire offre au premier ministre un peu de répit après que les sondages ont indiqué qu'il perdait le soutien de la population à la suite de manifestations massives contre les réductions budgétaires dans les services publics et les hausses d’impôts.
Le Parti populaire de M. Rajoy a facilement maintenu sa majorité absolue et son gouvernement en Galice, avec 41 sièges au parlement régional contre 18 sièges pour le Parti socialiste et 16 sièges pour deux partis nationalistes.
Il s’agit d’une progression de trois sièges par rapport à il y a trois ans et deux de plus que le nombre prédit par les sondages d'opinion pour Alberto Núñez Feijóo, le dirigeant régional du Parti populaire et éventuel successeur de M. Rajoy.
Des fonctionnaires européens et des analystes ont indiqué que Mariano Rajoy voulait demander une aide européenne supplémentaire après les élections parce qu'il craignait que les conditions des prêteurs, comme une réforme du système des retraites, ne suscitent la colère des électeurs.
En juin, le premier ministre espagnol a reçu une promesse de 100 milliards d'euros de la zone euro pour recapitaliser ses banques. Il a déclaré vendredi (19 octobre) qu'il n'avait pas encore décidé s'il demanderait un renflouement ou non. Des fonctionnaires hauts placés de la zone euro s'attendent à une demande d'aide le mois prochain.
L'Espagne tombe dans la récession pour la deuxième fois depuis 2009 et le Fonds monétaire international estime que l'économie ralentira de 1,3 % l'année prochaine. Le taux de chômage atteint 24,6 %.
À court terme, M. Rajoy bénéficiera de la chute des socialistes en Galice et au Pays basque.
Les socialistes avaient espéré que le scénario des élections régionales de mars en Andalousie se répèteraient. Ils avaient perdu contre le Parti populaire, mais étaient parvenus à former un gouvernement de coalition avec un autre parti de gauche. Les résultats de dimanche pourraient toutefois rouvrir la guerre entre les dirigeants du Parti socialiste, au pouvoir en Espagne entre 2004 et 2011.
Résistance
Au Pays basque, les résultats des élections ont été influencés, comme prévu, par les tentatives du gouvernement central de réduire le pouvoir des provinces.
Le parti nationaliste PNV (Partido Nacionalista Vasco) a remporté 27 sièges contre 21 sièges pour Bildu, un parti indépendantiste, 16 sièges pour le Parti socialiste et 10 sièges pour le Parti populaire.
Il n'apparaît pas encore clairement, sur qui le parti nationaliste basque PNV devra compter pour former un gouvernement. Des analystes politiques ont affirmé qu'il pourrait s'allier au Parti socialiste plutôt qu'avec Bildu, que beaucoup considèrent comme lié au groupe séparatiste basque ETA.
Bien que le PNV ait affirmé qu'il donnerait la priorité aux questions ayant trait à l'économie plutôt qu'à l'autonomie, la nouvelle carte politique de la région et une victoire attendue des partis nationalistes dans une autre région, la Catalogne, le 25 novembre alimenteront sans doute la résistance locale aux politiques de M. Rajoy.
Les 17 communautés autonomes de l'Espagne gèrent leur propre budget et sont responsables de domaines de dépenses publiques dont les politiques de la santé et de l'éducation.
Les partis de l'opposition ont accusé le gouvernement d'utiliser la crise pour récupérer certains pouvoirs des provinces, dont les dépenses excessives ont partiellement empêché le pays d'atteindre ses objectifs de déficit l'année dernière.
Le gouvernement central a accordé des fonds aux régions en échange d'un contrôle supplémentaire sur les finances locales. Jusqu'à présent, huit régions, notamment la Catalogne, ont indiqué qu’elles demanderaient une ligne de financement. Le Pays basque ne devrait pas en faire autant.