Les États membres n’approuvent pas de mesures concrètes pour protéger la biodiversité

Hier (21 juin), les ministres européens de l’environnement n’ont pas approuvé les mesures concrètes proposées par la Commission européenne pour protéger la biodiversité. Certains ont même exprimé des réserves quant aux objectifs proposés dans la stratégie européenne pour la biodiversité à l’horizon 2020, et préfèrent attendre que les actions et le financement soient précisés.

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Hier (21 juin), les ministres européens de l’environnement n’ont pas approuvé les mesures concrètes proposées par la Commission européenne pour protéger la biodiversité. Certains ont même exprimé des réserves quant aux objectifs proposés dans la stratégie européenne pour la biodiversité à l’horizon 2020, et préfèrent attendre que les actions et le financement soient précisés.

Les ministres de l’environnement ont adopté hier les conclusions sur la stratégie de l'UE à l'horizon 2020pour la biodiversité, présentée le 3 mai par la Commission, mais n’ont pas approuvé les 20 mesures concrètes qui accompagnaient les six objectifs majeurs proposés par l'exécutif.

Après un débat animé, les ministres ont validé la stratégie et ses objectifs, comme « instrument majeur pour permettre à l’UE d’atteindre son objectif global en 2020 » (voir « Contexte »).

Toutefois, au lieu d’approuver les 20 mesures, les conclusions du Conseil soulignent « la nécessité de débattre davantage des actions afin d’assurer une mise en œuvre efficace et cohérente de la stratégie ».

Certains pays, notamment l’Italie et le Danemark, ont même refusé d’approuver les objectifs de la stratégie et ont affirmé qu’ils soumettraient leurs propres déclarations, révélant ainsi clairement la position de leur délégation sur la question.

La déclaration italienne mentionne que les conclusions de la veille « n’impliquent pas un soutien systématique des objectifs présentés dans la stratégie qui requiert une discussion plus approfondie ».

Financement

Karen Ellemann, ministre danoise de l’environnement, a souligné que le Conseil n’avait pas disposé de suffisamment de temps pour évaluer correctement les six objectifs, les 20 actions et leurs implications financières, dans la mesure où la stratégie n’avait été soumise que six semaines plus tôt par l’exécutif.

Elle a également déclaré qu'elle ne savait pas ce que la Commission et les États membres décideraient de faire, et que le coût des objectifs et actions proposés n'étaient pas clairs.

L’Italie, de son côté, a affirmé que « les implications financières avaient encore besoin d’être examinées avec attention », avant d’ajouter : « nous devons faire attention à ce à quoi nous nous engageons ».

Nona Karadzhova, ministre bulgare de l’environnement, a fait remarquer que restaurer la biodiversité aurait un coût élevé. Elle a également mis l’accent sur le fait que comme la Bulgarie faisait partie du réseau Natura des sites protégés, la mise en œuvre de la stratégie de biodiversité proposée nécessiterait des financements importants.

La ministre danoise a conseillé à l’UE de ne pas répéter ses erreurs, rappelant que l’Union n’était pas parvenue à atteindre ses objectifs de biodiversité pour 2010 car elle ne s’était jamais mise d’accord sur leur signification, n’y avait jamais réellement adhéré et n’avait jamais discuté de leur financement.

L’Autriche, le Danemark et le Royaume-Uni ont souligné la nécessité d’envisager différentes options pour le financement de la biodiversité par le biais de la Politique agricole commune (PAC), insistant sur le fait que le second pilier de celle-ci était l’instrument idéal pour permettre tout un ensemble d’effets bénéfiques sur l’environnement, dont la biodiversité.