Les étrangers voient Hollande gagner mais font plus confiance à Sarkozy
C’est l’un des résultats d’un sondage Opinion way réalisé pour EURACTIV.fr et le cabinet de conseil Apco Worldwide sur le regard de leaders d’opinion étrangers travaillant en France au sujet de la campagne présidentielle.
C’est l’un des résultats d’un sondage Opinion way réalisé pour EURACTIV.fr et le cabinet de conseil Apco Worldwide sur le regard de leaders d’opinion étrangers travaillant en France au sujet de la campagne présidentielle.
François Hollande devrait être élu à l’élection présidentielle du 6 mai, mais par défaut. C’est l’une des conclusions de l’étude EURACTIV.fr, Apco Worldwide, réalisée par l’institut Opinion Way auprès de 182 leaders d’opinion étrangers travaillant en France (ambassades, presse internationale et cadres étrangers), rendue publique mercredi 4 avril.
Sarkozy meilleur gestionnaire
52% des sondés donnent le candidat socialiste vainqueur contre 46% pour Nicolas Sarkozy, avec une nuance pour la presse étrangère qui voit le président sortant rempiler (52%) et François Hollande perdant (48%).
Malgré ce résultat global en faveur de François Hollande, les personnes interrogées estiment que Nicolas Sarkozy serait le mieux à même de répondre aux défis à venir comme la crise en Syrie (58% pour Sarkozy contre 30% pour Hollande), la crise de la zone euro (56% contre 28%), la compétitivité et l’attractivité de la France (52% contre 33%), la construction européenne (46% contre 35%) ou encore la régulation financière (46% contre 38%), pourtant cheval de bataille affiché du candidat socialiste.
Sur les neuf sujets proposés, Nicolas Sarkozy a au minimum six points d’avance sur son principal concurrent. Seule Eva Joly tire son épingle du jeu sur le changement climatique, 39% des sondés estimant qu’elle pourrait mieux faire face à ce défi que Nicolas Sarkozy et François Hollande.
Le détail de l’étude montre en revanche que la presse étrangère croit François Hollande mieux à même de renforcer la construction européenne que son principal rival de droite (48% contre 39%). De leurs côtés, les diplomates estiment que François Hollande serait plus performant sur la régulation financière. Globalement, les cadres étrangers installés en France font plus confiance à Nicolas Sarkozy sur tous les sujets.
Prime au sortant
Ce résultat va dans le sens des enquêtes effectuées dans le pays auprès des Français depuis l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy. Au-delà de la prime au sortant dont on connait la manière de travailler, les étrangers en France estiment que le candidat socialiste devrait gagner cette élection à cause d’un rejet du président sortant et pas par conviction sur son programme.
Sur les trois catégories de personnes interrogées, les cadres étrangers sont les plus critiques à l’égard de la campagne présidentielle française. Seulement 53% d’entre eux estiment les débats intéressants contre 86% pour les ambassades et 82% pour la presse. Un chiffre qui s’explique peut-être par le manque de visibilité de sujets économiques qui intéressent les entreprises, depuis le début des débats.
La crise de l’euro, la réduction des déficits et la construction européenne sont les trois sujets les plus importants pour la France et doivent donc être évoqués dans la campagne, estiment les sondés à plus de 85%.
Sans surprise, l’adéquation entre les dossiers jugés les plus chauds pour le pays et leur traitement dans la campagne n’est pas égal. L’immigration, le rôle et la place de la France dans le monde, ainsi que la relation franco-allemande sont « suffisamment abordés », indique l’étude. Et, seulement environ la moitié des personnes interrogées estiment que la crise de la zone euro, l’attractivité et la compétitivité de la France, la réduction des déficits et la construction européenne sont assez évoqués dans les débats.
Ouverture de la France
L’ouverture de la France et l’accroissement de son rôle sur la scène internationale, la résolution de la crise en Syrie et de la crise de la zone euro sont les trois mesures jugées prioritaires pour le prochain président sur la plan international juste après son élection, indique enfin le document.
L’intégralité des résultats de l’étude est disponible ici.
Elle a été effectuée entre le 21 et le 27 mars en ligne auprès des cadres supérieurs et dirigeants d’entreprises étrangers et par téléphone auprès des journalistes et des personnels d’ambassade.