Les eurosceptiques dans l’euphorie des médias sociaux [FR]
L’Union européenne doit améliorer drastiquement ses stratégies de communication pour contrer l’euroscepticisme. C’est ce qu’on pouvait entendre hier (27 avril) lors d’un séminaire accueilli par la fondation Konrad Adenauer.
L’Union européenne doit améliorer drastiquement ses stratégies de communication pour contrer l’euroscepticisme. C’est ce qu’on pouvait entendre hier (27 avril) lors d’un séminaire accueilli par la fondation Konrad Adenauer.
Un quart des Allemands ne pensent pas que l’Allemagne bénéficie de l’appartenance à l’Union, a déclaré un conseiller de la Commission européenne, lors du rassemblement. 33 % des électeurs britanniques sont, quant à eux, farouchement opposés à l’UE, a-t-il ajouté.
Un autre membre du cabinet de la vice-présidente de la Commission Margot Wallström a déclaré à titre personnel que bien que les partis eurosceptiques disposent de ressources limitées, ils sont créatifs et font usage des nouveaux médias pour diffuser leur message.
Ce responsable a remarqué le succès rencontré sur YouTube par le récent discours prononcé devant le Parlement européen par l’eurodéputé conservateur britannique Daniel Hannan. Il a été vu plus de 2,25 millions de fois, et a été massivement diffusé sur les blogs au départ. Cette stratégie est répandue parmi les groupes eurosceptiques, mais, à l’inverse, l’exécutif européen et les partis bien établis sont trop lents à réagir aux nouveaux médias, a-t-il déclaré.
Le parti Pirate suédois a également servi à illustrer l’agilité des petits partis se concentrant sur un problème unique. Une décision controversée prise ce mois-ci par un tribunal suédois à l’encontre du site de partage de dossiers en ligne Pirate Bay a eu pour conséquence la montée en flèche du nombre des adhérents au parti, qui est passé de quelques milliers à 30 000 en l’espace de quelques jours (EURACTIV 22/04/09).
Dietmar Halper, directeur de la Politische Akademie der ÖVP autrichienne, a rapporté qu’en Autriche, l’Union européenne avait mauvaise presse dans les médias traditionnels. Au cours du séminaire, l’on a pu entendre que le quotidien Kronen Zeitung, dont le tirage journalier approche les trois millions, a une position fortement anti-européenne, qui ferait passer le Daily Mail pour un journal modéré.
Les partis eurosceptiques polonais bénéficient également du soutien de puissants groupes de médias, selon Pawel Swieboda, directeur du centre de stratégie européenne « demosEUROPA », basé en Pologne. Radio Maryja, soutenue par l’Eglise romaine catholique traditionnellement eurosceptique, a plus de cinq millions d’auditeurs et exerce une influence importante sur la politique polonaise, a indiqué M. Swieboda.
Le professeur Paul Taggert, de l’université du Sussex, a indiqué que l’Europe avait besoin d’être plus visible. La seule manière de changer les opinions est que les responsables politiques prennent les rênes de l’opinion publique, pas seulement qu’ils y réagissent, a-t-il précisé.
Thomas Bernad Stehling, directeur de la Fondation Konrad Adenauer, à Londres, a abondé dans le sens de cette critique des représentants européens en accusant les représentations permanentes de la Commission européenne dans les capitales européennes de ne pas être suffisamment agressives dans leur promotion de l’Europe.