Les fonctionnaires européens interdits de réunion avec les britanniques

Dans une nouvelle démonstration de rupture diplomatique entre Bruxelles et Londres, les fonctionnaires européens ont été invités à ne pas organiser de réunions avec leurs homologues britanniques.

Euractiv.com
EU flags Berlaymont
Les réunions ne pourront avoir lieu que si elles sont « légalement obligatoires », si elles concernent la mise en œuvre de l’accord de retrait ou si elles sont strictement liées à la guerre en Ukraine. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/row-eu-flags-front-european-union-1939360291" target="_blank" rel="noopener">[VanderWolf Images / Shutterstock]</a>]

Dans une nouvelle démonstration du refroidissement diplomatique entre Bruxelles et Londres, les fonctionnaires européens ont été invités à ne pas organiser de réunions avec leurs homologues britanniques, à moins qu’elles ne soient strictement liées à la guerre en Ukraine ou « légalement obligatoires ».

Dans une note distribuée aux hauts fonctionnaires de la Commission européenne, qui a été vue par EURACTIV, la Secrétaire générale de la Commission Ilze Juhansone a demandé à ce que « toutes les directions générales et tous les services informent le Secrétariat général de toute demande de réunions bilatérales avec des fonctionnaires ou intervenants britanniques, faite ou reçue, quel que soit le niveau hiérarchique ».

Ces réunions ne doivent avoir lieu que si elles sont « légalement obligatoires », si elles concernent la mise en œuvre de l’accord de retrait ou si elles sont strictement liées à la guerre en Ukraine.

« Le refus d’une demande de réunion se justifie par l’évolution récente des relations entre l’UE et le Royaume-Uni », a ajouté la haute fonctionnaire de la Commission.

Depuis l’entrée en vigueur en 2021 du nouvel accord de commerce et de coopération régissant les relations entre l’UE et le Royaume-Uni, Bruxelles et Londres sont à couteaux tirés sur un certain nombre de questions. En ce qui concerne notamment le protocole sur l’Irlande du Nord et l’accès du Royaume-Uni au programme de recherche Horizon Europe, les deux parties ont lancé des procédures d’infraction.

Toutefois, lors d’une réunion de l’Assemblée parlementaire de partenariat (APP) Royaume-Uni-UE à Londres en début de semaine, le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič, a insisté sur le fait qu’il ne pensait pas que l’UE et le Royaume-Uni étaient « aux antipodes » pour résoudre la mise en œuvre du protocole.

« S’il y a une volonté politique, je suis sûr que nous pouvons régler le problème en quelques semaines, car nos équipes de négociation connaissent ces sujets sous tous les angles », a-t-il déclaré.

Le communiqué fait également référence au projet de loi du gouvernement britannique, actuellement examiné au parlement, qui donnerait aux ministres le pouvoir de rejeter le protocole sur l’Irlande du Nord. S’il était adopté, ce projet de loi représenterait « une violation claire de l’accord de retrait » et « constituerait une violation sans précédent des obligations et de la confiance internationales », a déclaré Mme Juhansone.

« Les demandes ne devront être envoyées, ou acceptées, qu’après réception de l’avis du Secrétariat général », a-t-elle conclu.