Les ministres des finances veulent un marché du carbone aérien et maritime

Les ministres européens des finances ont proposé un système de tarification du carbone pour le transport maritime international et l'aviation, afin de réduire les émissions et d'accroître la somme d'argent destinée à lutter contre le changement climatique.

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Les ministres européens des finances ont proposé un système de tarification du carbone pour le transport maritime international et l'aviation, afin de réduire les émissions et d'accroître la somme d'argent destinée à lutter contre le changement climatique.

Lors d’une déclaration, les ministres ont appelé l’Organisation internationale maritime (OMI) et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à « développer sans délai un cadre politique mondial qui évite les distorsions de concurrence ou les fuites de carbone ».

« La tarification de l’aviation mondiale et du transport maritime est une source potentielle de revenus qui émettrait également le signal de prix nécessaire pour atteindre efficacement des réductions des émissions de la part de ces secteurs », peut-on lire dans la déclaration.

Lies Craeynest, la conseillère au changement climatique d'Oxfam, a salué sa décision, la qualifiant de « double victoire » qui redistribuerait l’aide relative au climat en faveur des communautés vulnérables.

« Il s’agit d’une opportunité unique de contrôler une source majeure et croissante d’émissions qui favorisent le changement climatique et également de générer l’argent dont nous avons désespérément besoin », a-t-elle confié à EURACTIV.

La tarification du carbone dans les secteurs de l’aviation et de la navigation fonctionnerait grâce à l’imposition d’un plafond mondial des émissions de CO2. Les compagnies aériennes et maritimes qui dépasseraient cette limite devraient échanger des permis de polluer.

Inquiétudes de la part des compagnies maritimes

Le 27 avril, la commissaire à l’action climatique, Connie Hedegaard a déclaré que l’UE encouragerait l’intégration du secteur maritime et aérien dans tous les accords à venir relatif au Protocole de Kyoto, et qu’il devenait urgent que les associations de ces secteurs réduisent volontairement leurs émissions.

« Depuis 1997, l’OMI est chargée de cette tâche, mais ne s'en acquitte pas », a-t-elle affirmé, « et c’est pourquoi nous signalons clairement que nous commençons à perdre patience ».

Un porte-parole de l’OMI a déclaré à EURACTIV que la tarification du carbone était envisagée depuis très longtemps, et que le travail sur ce sujet avait vraiment beaucoup progressé.

Il a ajouté que cette question ferait encore l'objet d'un débat lors de la prochaine réunion du Comité pour la protection de l’environnement marin du 4 au 15 juillet.

« Tout le travail de l’organisation sur les émissions de gaz à effet de serre va progresser », a-t-il expliqué, « avec des décisions vouées à rendre certaines mesures sur l'efficacité énergétique obligatoires pour les bateaux, ce que certains membres tentent déjà de faire, dont des mesures basées sur le marché pour réduire les émissions ».

Financement du changement climatique

La déclaration de l’Ecofin a également abordé des propositions d’abord présentées dans un document de travail des services de la Commission européenne, intitulé « Scaling up Climate Finance » (en français : « Augmenter le financement du changement climatique »).

Ce document laissait entendre que les revenus issus du mécanisme de tarification du carbone pour le secteur maritime et aérien « pourraient, selon certaines estimations, générer jusqu’à environ 17 milliards d’euros dans le monde, en supposant que le prix du carbone soit de 35 euros par tonne de CO2 ».

Ce rapport indiquait également que l’UE payerait environ un tiers des 70 milliards d’euros annuels du Fonds climatique vert qui a été promis pour aider les pays en développement à lutter contre les effets du changement climatique et à s'y adapter.

Jusqu’à présent, les Etats membres ont mobilisé 2,34 milliards d’euros sur les 7,2 milliards d’euros qu'ils se sont engagés à verser sur la période 2010-2012.

Les fonds ainsi générés « dépendront des actions climatiques mises en place dans les pays en développement ainsi que des progrès à venir dans les négociations internationales », ont déclaré les ministres des finances de l’UE.

Les investissements du secteur privé et les prêts bancaires seraient « essentiels » à ce processus et dépendraient de « meilleurs cadres commerciaux et politiques dans les pays en développement », peut-on encore lire dans leur déclaration.

Arthur Nelsen

Article traduit de l’anglais par EURACTIV.