Les Nations unies lanceront un panel sur la nature en automne
Un nouvel organisme des Nations unies qui conseillera les gouvernements sur la lutte contre la perte de biodiversité et la protection des « services écosystémiques » sera officiellement lancé début octobre.
Un nouvel organisme des Nations unies qui conseillera les gouvernements sur la lutte contre la perte de biodiversité et la protection des « services écosystémiques » sera officiellement lancé début octobre.
La première séance plénière de la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) aura lieu au cours de la première semaine d'octobre à Nairobi au Kenya.
Ce nouvel organisme, inspiré du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l'ONU, devrait fournir aux gouvernements mondiaux des informations scientifiques « qui font autorité ». Cela devrait dès lors permettre d'aboutir à des prises de décisions plus avisées pour permettre de sauvegarder la nature et les écosystèmes.
Lors de cette réunion, les gouvernements devraient adopter les règles de procédure de la plateforme ainsi que les modalités de participation et d'adhésion. La séance plénière devrait également servir à analyser les offres de différents gouvernements s'agissant de l'endroit où sera situé le secrétariat de la plateforme et devrait définir un programme de travail détaillé ainsi qu'un budget.
Toutefois, les décisions concernant le lieu du secrétariat et la nomination d'un président pour la plate-forme ne seront prises que lors d'une seconde séance plénière début 2012.
La séance du mois d'octobre établira le processus global de préparation, de révision et d'approbation d'une série de rapports scientifiques que l'IPBES devra publier.
Le panel analysera les grandes décisions politiques
Lors d'une réunion de l'ONU le mois passé, Charles Perrings, professeurs d'économie environnementale à l'université de l'Etat d'Arizona, a souligné que l'IPBES ne ferait pas qu'informer les gouvernements mais qu'elle examinerait également toutes les grandes décisions politiques et leurs effets potentiels sur les écosystèmes.
Le professeur laisse entendre, par exemple, que l'actuel cycle de négociations de Doha sur les subventions agricoles à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) soit évalué quant à son impact potentiel sur la biodiversité et ses conséquences sur les politiques agricoles.
En parallèle, la réforme de la Politique agricole commune (PAC) de l'UE reliera les paiements versés aux agriculteurs à la fourniture de « biens respectueux de l'environnement », ce qui, selon les législateurs de l'UE, ne peut pas être considéré comme une distorsion des échanges selon les règles de l'OMC.
Les ministres européens ont affirmé s'engager dans une intégration générale et sectorielle de la biodiversité, surtout dans les systèmes financiers et économiques.
Selon les ministres, une attention particulière sera accordée aux politiques liées aux ressources naturelles et à la gestion des sols, comme l'agriculture, la sécurité alimentaire, les forêts, la pêche, l'industrie minière et l'énergie, mais aussi le commerce, l'aménagement du territoire, le transport, le tourisme et le développement.
Economie de la nature
Le panel de l'IPBES prend forme alors que les résultats de l'Etude sur l'économie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB), qui fait partie de l'Initiative pour une économie verte de l'ONU, sont promus auprès des gouvernements du monde entier.
Sur le modèle du rapport Stern au Royaume-Uni sur les aspects économiques du changement climatique, l'initiative a donné lieu à d'importants calculs pour tenter de mettre un prix sur les services de la nature, comme la terre, les forêts ou l'eau. L'idée est de convaincre les décideurs politiques d'intégrer la biodiversité dans leurs systèmes économiques et d'appliquer le principe du pollueur payeur afin de protéger la nature.
Parmi les idées proposées par la TEEB se retrouvent de nouvelles taxes vertes, le commerce de crédits pour la biodiversité, les transferts budgétaires et la création d'entreprises écosystémiques.
Le géant de la chimie évaluera la valeur marchande de la nature
Le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD), une coalition mondiale de quelques 200 entreprises plaidant pour des progrès en termes de développement durable, ont salué l'initiative de la TEEB et la création d'un panel de l'ONU sur la nature.
Dans le même temps, le géant des produits chimiques, Dow, a récemment lancé un projet visant évaluer à quel point les opérations de la société dépendaient de la nature et leur impact sur celle-ci.
L'entreprise a engagé 10 millions de dollars pour une collaboration sur cinq ans avec la Nature Conservancy, une organisation environnementale basée aux Etats-Unis « pour incorporer la valeur de la nature dans l'entreprise » et pour agir afin de protéger les écosystèmes et les services qu'ils rendent aux entreprises et à la société.
Le partenariat entre Dow et Nature Conservancy, dont le lancement européen a eu lieu à Bruxelles la semaine dernière, tentera de mettre le concept de la TEEB en pratique et de développer « une méthode pour évaluer la valeur de la nature », a expliqué Glenn Prickett de Nature Conservancy.
Les deux organisations utiliseront des modèles, des cartes et des analyses scientifiques pour la biodiversité et les systèmes écosystémiques afin d'évaluer la valeur et les avantages d'avoir des zones naturelles sur ou à proximité des sites industriels de Dow.
Il s'agit, par exemple, d'évaluer la valeur économique des forêts à proximité s'agissant d'assurer de l'eau propre aux usines Dow, ainsi que le rôle des terres humides et des récifs naturels lorsqu'il s'agit d'éviter les dommages causés aux installations par des tempêtes.
Tous les résultats et les leçons tirées de cette initiative sur cinq ans seront rendus publics pour les autres entreprises et les parties prenantes intéressées qui souhaiteraient les tester et les mettre en pratique, ont souligné les organisations.
Le partenariat espère conclure le premier projet pilote d'ici fin 2011 afin d'avoir des résultats concrets à montrer pour le Sommet de la Terre Rio+20 en juin 2012.