Les négociations transatlantiques victimes du shutdown

Les négociations commerciales entre l'Europe et les Etats-Unis sont à l'arrêt pour cause de fermeture de services fédéraux. Un report qui intervient alors que les dissensions sont déjà multiples.

EURACTIV.fr / Reuters
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Les négociations commerciales entre l'Europe et les Etats-Unis sont à l'arrêt pour cause de fermeture de services fédéraux. Un report qui intervient alors que les dissensions sont déjà multiples.

Le représentant américain au Commerce, Michael Froman, a appelé vendredi le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, pour le prévenir que les négociateurs américains ne se rendront pas à Bruxelles comme prévu à cause du "shutdown", ont précisé ses services (USTR) dans un communiqué.

Durée du shutdown inconnue

"L'USTR va travailler avec la Commission (européenne) à l'élaboration d'un plan de travail alternatif qui pourra être mis en place dès la fin du shutdown", ont-ils précisé.

Reste à savoir combien de temps durera la fermeture des services fédéraux. Le précédent, dans les années 1990, avait duré près de deux mois. Pour les négociateurs les plus pressés, ce nouveau délai risque de compromettre l'objectif d'accélérer les discussions.

Tension sur les volets financiers et agricoles

Les Etats-Unis et l'UE sont déjà les premiers partenaires commerciaux au monde mais cet accord de libre échange vise à favoriser la création d'emplois des deux côtés de l'Atlantique en supprimant les droits de douane et en réduisant les barrières réglementaires.

Les discussions entre les deux blocs économiques achoppent visiblement sur le volet financier pour l'instant. Les deux continents gèrent de façon très différente les banques, les assureurs et les traders. L'Europe voudrait que la régulation financière devienne un sujet central des négociations, alors que les Etats-Unis préfèrent garder leurs spécificités.

Autre sujet d'inquiétude, les normes agricoles. Si le volet se fait pour l'instant discret, ces normes pourraient aussi être un sujet de dissension. La France plaide pour une clause d'exemption en la matière, qui pourrait voler en éclat. La principale motivation des Etats-Unis est en effet de trouver de nouveaux marchés, notamment pour ses produits agricoles plutôt meilleurs marchés que les européens. L'agriculture est lourdement subventionnée de part et d'autre de l'Atlantique, mais les priorités et les normes environnementales sont très différentes.

Le report des négociations "ne nous détourne en rien de notre objectif de conclure un ambitieux accord sur le commerce et l'investissement", a réagi Karel De Gucht dans un communiqué.