Les nouveaux défis de l’UE au coeur du mini Sommet
Après la signature du traité de Lisbonne, les dirigeants européens se sont réunis à Bruxelles, vendredi 14 décembre, pour un mini Sommet d’une journée. Au programme : la création, voulue par la France, d’un nouveau groupe de réflexion qui planchera sur l’avenir de l’UE, une déclaration sur la mondialisation et l’avenir des Balkans occidentaux.
Après la signature du traité de Lisbonne, les dirigeants européens se sont réunis à Bruxelles, vendredi 14 décembre, pour un mini Sommet d’une journée. Au programme : la création, voulue par la France, d’un nouveau groupe de réflexion qui planchera sur l’avenir de l’UE, une déclaration sur la mondialisation et l’avenir des Balkans occidentaux.
En bref :
Les chefs d’État et de gouvernement se sont retrouvés à Bruxelles, le 14 décembre, pour l’un des plus courts Conseils européens de l’histoire. Les États membres ont néanmoins débattu de trois questions importantes pour l’avenir de l’UE :
- Groupe de réflexion
Le Sommet européen a entériné la création d’un groupe de réflexion chargé de réfléchir aux grandes orientations à venir de l’UE. L’idée de ce groupe, appelé à l’origine comité des sages, a été lancé par Nicolas Sarkozy. L’objectif initial était de discuter notamment des frontières et de l’identité de l’UE, une stratégie perçue par la grande majorité des États membres comme un moyen de faire barrage à l’entrée de la Turquie dans l’UE.
Devant l’opposition de certains États membres, notamment de la Grande-Bretagne, partisane de l’adhésion d’Ankara, le groupe n’abordera ni la question des frontières définitives de l’Union, ni la révision des politiques actuelles, ni le prochain cadre financier de l’UE. Il évoquera le renforcement du modèle social européen, l’État de droit, le développement durable, la sécurité internationale, les migrations, la lutte contre le réchauffement climatique, l’énergie, la lutte contre le terrorisme, ainsi que la mobilisation des citoyens.
Dirigé par l’ancien premier ministre espagnol, Felipe Gonzales, ce groupe comptera également parmi ses 12 membres la présence de l’ancienne présidente lettone, Vaira Vike-Freiberga, ou de Jorma Ollila, président de la marque de téléphone portable Nokia. Ils seront tous deux vice-présidents.
La totalité des membres sera nommé lors du conseil européen de juin 2008. Le groupe entamera ses travaux en septembre 2008 et rendra un rapport, dont les conclusions ne lieront pas les États membres, en juin 2010.
- Déclaration sur la mondialisation
Une déclaration sur l’adaptation à la mondialisation dans l’intérêt de l’ensemble des citoyens et des entreprises a été annexée aux conclusions de la présidence par les dirigeants européens lors du sommet. Ce projet de déclaration, posté sur la plateforme blog d’EURACTIV, BlogActiv.eu, lundi 11 décembre, (lire EURACTIV 12/12/07), explique la manière dont l’UE va s’attaquer aux futurs défis économiques, sociaux, environnementaux, énergétiques et sécuritaires.
Selon cette déclaration, l’Union européenne fera pression pour accroître l’ouverture des marchés, ce qui devrait entraîner des avantages réciproques à condition que la concurrence soit juste et respecte les droits de propriété intellectuelle. Afin de stimuler le marché intérieur de l’Union, le texte explique que l’investissement dans la recherche, l’innovation et l’éducation devra être renforcé pour devenir un stimulateur central de croissance et d’emploi, et pour garantir que tous bénéficieront des opportunités de la mondialisation.
Concernant le changement climatique et l’énergie, le texte précise que l’UE sera à la hauteur de ses engagements très ambitieux adoptés en mars 2007 pour promouvoir les énergies renouvelables et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les conclusions du Conseil font également référence aux résultats de la récente conférence de Bali sur le changement climatique.
- Les Balkans occidentaux
Les dirigeants européens ont également débattu de l’engagement futur de l’UE dans les Balkans occidentaux, alors que la région est confrontée à des défis importants à la suite de l’échec des négociations sur le futur statut du Kosovo. La question sera en outre abordée au Conseil de sécurité des Nations unies, le 19 décembre prochain.
Si les Kosovars ont accepté de repousser la date de leur déclaration d’indépendance, initialement prévue le 10 décembre, l’autonomie pourrait être unilatéralement déclarée par la province au début du mois de janvier 2008. Afin d’encadrer cet événement, l’Union européenne a décidé, vendredi 14 décembre, d’envoyer à Pristina une importante mission de soutien comprenant 1800 policiers et juristes. « C’est le signal le plus manifeste que l’UE entend jouer un rôle moteur dans l’avenir du Kosovo et sur son statut », a déclaré à l’issue du Sommet, le premier ministre portugais, José Socrates.
L’envoi de cette mission ne constituerait cependant pas pour l’UE un soutien officiel à l’indépendance de la province serbe à majorité albanaise du Kosovo.
Les États membres sont en effet toujours divisés sur cette question. Alors qu’une majorité d’États membres est prête à reconnaître l’indépendance du Kosovo, d’autres pays, comme Chypre, la Grèce, la Slovaquie et l’Espagne, y restent fermement opposés.
D’après les diplomates britanniques, l’UE s’efforce de persuader le Kosovo de ne pas déclarer l’indépendance avant les élections serbes prévues mi-janvier, tout en cherchant l’unité dans ses propres rangs.
Les dirigeants européens ont également encouragé la Serbie à remplir les conditions nécessaires à la signature rapide d’un Accord de stabilisation et d’association (ASA). L’UE a également de nouveau entrouvert la possibilité pour la Serbie d’une adhésion future.
La Serbie a « un avenir dans l’Union européenne dès lors qu’elle respecte les droits de l’homme et l’indépendance du Kosovo», a indiqué Nicolas Sarkozy. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir Belgrade. Le premier ministre serbe aurait en effet qualifié ces conditions d’« offensantes » et d’« inacceptables ».