Le SEQE fait peau neuve

Également dans l'édition de vendredi : Raffaele Fitto, les visas russes, la défense franco-allemande

/ EURACTIV.com

Vous lisez Rapporteur ce vendredi 17 juillet. Ici Nicoletta Ionta à Bruxelles, accompagnée d’Eddy Wax.

Nous faisons une petite pause et serons de retour dans votre boîte mail mercredi. Pour ceux qui célèbrent, profitez bien de ce long week-end.

À retenir :

🟢 La Commission s’apprête à dévoiler la réforme du marché des émissions

🟢 La France et l’Allemagne souhaitent remettre à plat leur coopération en matière de défense

🟢 L’UE délivre encore « trop » de visas russes, selon Brunner


L’Europe, vue de Bruxelles


La Commission européenne s’apprête à dévoiler aujourd’hui une révision majeure du marché européen du carbone, cédant ainsi à la pression croissante exercée par l’industrie et les gouvernements nationaux qui réclament un allègement de la politique climatique phare de l’Europe.

Les modifications proposées au système d’échange de quotas d’émission (SEQE), longtemps considéré comme l’outil le plus efficace de l’Union pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mettent un nouveau coup de massue à la vision initiale du Pacte vert. Des pays comme l’Italie, la Pologne et la Grèce font fortement pression en faveur d’une réforme plus favorable à l’industrie, tandis que les pays nordiques et l’Espagne s’opposent à tout affaiblissement des ambitions climatiques de l’Union.

Depuis son lancement en 2005, le SEQE a permis de réduire de près de moitié les émissions des secteurs concernés, éliminant ainsi environ 1 milliard de tonnes de gaz à effet de serre par an.

Mais les industries grandes consommatrices d’énergie affirment que les coûts deviennent insoutenables et ont obtenu le soutien d’une alliance de pays d’Europe centrale, orientale et méridionale.

Les quotas d’émission gratuits qui ont protégé l’industrie lourde pendant plus d’une décennie sont progressivement supprimés, tandis que le plafond d’émissions se resserre à un rythme accéléré, réduisant l’offre annuelle de quotas de 80 millions de tonnes supplémentaires – ce qui équivaut à peu près aux émissions annuelles de gaz à effet de serre de l’Autriche. Au rythme actuel, aucun nouveau quota ne sera délivré après 2039.

Pour les conseils d’administration à travers l’Europe, la date butoir pour la décarbonisation approche à grands pas.

Lisez l’article complet de Nikolaus J. Kurmayer.

Macron et Merz font table rase du projet d’avion de combat

La France et l’Allemagne tenteront aujourd’hui, lors d’une réunion conjointe, de tourner la page sur leur projet d’avion de combat de nouvelle génération, longtemps en difficulté, pour se concentrer désormais sur une nouvelle coopération en matière de défense, alors que l’UE s’empresse de se réarmer.

Emmanuel Macron et Friedrich Merz devraient faire avancer des projets militaires communs, notamment une coordination plus étroite en matière de dissuasion nucléaire, tout en abordant les questions de compétitivité, du budget de l’UE, de la réglementation numérique et de la lutte contre la désinformation.

Cette réunion marque le dernier Conseil ministériel franco-allemand d’Emmanuel Macron avant son départ de la présidence l’année prochaine, alors que le partenariat franco-allemand entre dans une nouvelle phase d’incertitude, le Rassemblement national d’extrême droite de Marine Le Pen restant un concurrent de premier plan à l’approche de l’élection présidentielle française de 2027.

Zelensky limoge son ministre de la Défense

L’Ukraine a un nouveau négociateur en chef dans sa quête d’adhésion à l’UE, et c’est un visage familier pour beaucoup à Bruxelles. Vsevolod Chentsov, ambassadeur de l’Ukraine à Bruxelles depuis 2021, a été nommé jeudi vice-Premier ministre chargé de l’intégration européenne dans le cadre d’un remaniement gouvernemental.

Nous avions évoqué cette nomination dans notre édition de jeudi, en soulignant que beaucoup y voient un simple échange de poste avec son prédécesseur, Taras Kachka. La nomination de ce dernier au poste d’ambassadeur à Bruxelles n’a pas encore été confirmée.

Volodymyr Zelenskyy a également nommé le chef du SBU, Yevhenii Khmara, au poste de ministre de la Défense par intérim après avoir démis Mykhailo Fedorov de ses fonctions, une décision qui a surpris les alliés à Bruxelles. « Nous travaillions très bien avec lui », a déclaré le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, à Pietro Guastamacchia.

Lisez l’article complet de Pietro et Eddy.

La Commission mise sur Fitto

La nomination de Raffaele Fitto au poste de représentant spécial de la Commission européenne pour Chypre témoigne de la volonté de Bruxelles de jouer un rôle beaucoup plus politique dans les efforts visant à résoudre le conflit le plus ancien d’Europe.

Avec la reprise prévue des négociations dans les semaines à venir et une dynamique renforcée par la reconnaissance par l’UE du rôle de la Turquie dans l’architecture de défense et de sécurité européenne, les responsables y voient une occasion diplomatique rare. Un diplomate a déclaré à Sarantis Michalopoulos que Fitto est bien placé pour occuper ce poste, soulignant les liens traditionnellement étroits entre l’Italie et Ankara.

Mais son arrivée a déjà suscité les critiques des Chypriotes turcs, qui ont qualifié cette nomination d’« unilatérale et illégitime » et ont remis en question sa capacité à agir en tant que médiateur neutre. Lisez l’article complet de Sarantis.

Brunner : « Encore trop » de visas russes

Les ministres des Affaires intérieures de l’UE ont profité d’une réunion informelle à Dublin pour revenir sur un différend de longue date concernant les voyages des Russes vers l’Union, après avoir été exhortés par plusieurs États baltes à imposer des restrictions plus strictes aux citoyens russes qui passent encore leurs vacances en Europe occidentale.

Euractiv a été le premier à rapporter que la France et l’Italie ont délivré le plus grand nombre de visas à des ressortissants russes en 2025. « Nous devons faire davantage », a déclaré Magnus Brunner, responsable des questions migratoires à l’UE. « C’est encore trop. […] Nous ne pouvons pas d’un côté parler de soutenir l’Ukraine et, de l’autre, délivrer des visas à des citoyens russes. »

Ses remarques interviennent un mois après l’appel lancé par la Suède et une coalition de dix États membres de l’UE à la Commission pour un durcissement de la politique de l’UE sur les visas accordés aux Russes. Brunner a également évoqué une proposition de la Commission, incluse dans le 21e paquet de sanctions proposé par l’Union, visant à interdire l’entrée sur le territoire à toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de l’invasion à grande échelle.

Les capitales de l’UE n’ont pas réussi à approuver ce paquet mercredi et doivent reprendre les discussions la semaine prochaine.

Voici trois nouveaux articles d’Euractiv :


Les capitales


LONDRES 🇬🇧

Andy Burnham sera confirmé vendredi à la tête du Parti travailliste, ouvrant ainsi la voie à sa nomination au poste de Premier ministre britannique lundi, après la démission de Keir Starmer. Soutenu par 379 des 403 députés travaillistes et sans adversaire dans la course, l’ancien maire du Grand Manchester héritera d’une économie en perte de vitesse et d’une pression croissante de la part du parti Reform UK de Nigel Farage, alors qu’il promet de transférer le pouvoir de Westminster vers les régions d’Angleterre.

– Christina Zhao

BERLIN 🇩🇪

L’Allemagne a évoqué jeudi l’incarcération du journaliste sportif français Christophe Gleizes lors de ses entretiens avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, parallèlement aux discussions sur un projet d’accord concernant le gaz naturel liquéfié (GNL). Berlin espère augmenter ses importations de GNL algérien, mais est divisée sur la question de savoir si les règles européennes plus strictes en matière de méthane doivent entrer en vigueur à partir de janvier 2027. Tebboune a refusé de commenter les appels à la grâce de Gleizes, invoquant le respect du système judiciaire algérien. Lisez l’article complet.

– Björn Stritzel

ATHÈNES 🇬🇷

Selon des diplomates, l’opposition de la Grèce au nouveau paquet de sanctions proposé par l’UE à l’encontre de la Russie repose principalement sur la demande d’une exemption à durée indéterminée pour Dynagas, une compagnie maritime grecque transportant du gaz naturel liquéfié russe. Athènes fait valoir que les mesures proposées contraindraient Dynagas à vendre ses navires-citernes spécialisés pour l’Arctique, entraîneraient la perte de 2 000 emplois et céderaient des parts de marché à des concurrents non européens, tout en n’ayant qu’un impact négligeable sur la Russie. Lisez l’article complet.

– Bruno Waterfield et Magnus Lund Nielsen

SOFIA 🇧🇬

Jeudi, le ministère bulgare des Affaires étrangères a pris ses distances par rapport à certaines parties de la Déclaration de Kiev, affirmant que Sofia ne s’est pas engagée à renforcer sa participation à la Coalition des volontaires et soulignant que ce texte non contraignant va au-delà du cadre de l’UE. Cette précision est intervenue au lendemain de la signature de la déclaration par la ministre des Affaires étrangères Velislava Petrova, aux côtés de huit États d’Europe du Sud-Est et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, mettant en évidence les divisions concernant la position du pays sur l’Ukraine.

– Konstantin Karadjov

VARSOVIE 🇵🇱

Des avions de chasse polonais ont intercepté jeudi deux Su-30 russes au-dessus de la mer Baltique avant d’être redirigés pour intercepter un avion de reconnaissance russe Il-20 au nord des côtes polonaises, a déclaré le ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz. Des avions suédois ont ensuite pris le relais. Aucun des deux appareils russes n’est entré dans l’espace aérien polonais. Ces interceptions font suite à des opérations similaires menées mardi et mercredi, impliquant un autre Il-20 et deux chasseurs russes Su-30.

– Charles Szumski

BELGRADE 🇷🇸

Le rapporteur du Parlement européen pour la Serbie, Tonino Picula, a accusé les médias pro-gouvernementaux de diffuser de la désinformation anti-UE qui entrave la candidature du pays à l’adhésion et alimente le sentiment anti-européen. S’adressant à Euractiv, il a également déclaré que l’UE a contribué à la frustration de l’opinion publique en privilégiant la stabilité et les intérêts économiques au détriment de la démocratie et de l’État de droit. Picula a ajouté que le président Aleksandar Vučić resterait très actif à l’approche des prochaines élections afin d’assurer sa survie politique.

– Bronwyn Jones


Editrices.teurs : Nicoletta Ionta, Eddy Wax, Christina Zhao, Sofia Mandilara, Charles Szumski

Contributeurs : Nikolaus J. Kurmayer, Pietro Guastamacchia, Sarantis Michalopoulos

Traductrice : Clara Vassent