Les régions européennes veulent faire partie du club des transports prioritaires

Dans les prochaines décennies, l’Europe sera quadrillée par des corridors reliant les grandes villes entre elles. Les territoires écartés des projets importants jouent des coudes.

EURACTIV.fr
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Dans les prochaines décennies, l’Europe sera quadrillée par des corridors reliant les grandes villes entre elles. Les territoires écartés des projets importants jouent des coudes.

A moins de deux semaines des propositions officielles de la Commission européenne, les régions se bousculent pour figurer en tête des priorités. Dans son projet, Bruxelles a dressé une liste des métropoles, ports, aéroports et zones frontalières qui doivent former la colonne vertébrale des transports en Europe.

En France, les villes de Paris, Bordeaux, Lille, Toulouse, Lyon, Nice et Marseille sont par exemple identifiées comme les « nœuds » urbains de ce réseau, dont la finalisation interviendrait en 2030.

Une deuxième vague de projets, jugés moins prioritaires, permettra d’achever le réseau transeuropéen de transports en 2050. A cet horizon, l’Union européenne compte réduire de 60% les gaz à effets de serre générés par le secteur. Mais de gros doutes subsistent sur le bras financier censé actionner le chantier des interconnexions. La Commission européenne propose un fonds de 21,7 milliards d’euros, destiné essentiellement aux projets prioritaires, auquel s’ajoutent 10 milliards d’euros issus du fonds de cohésion. Le réseau secondaire aurait, de son côté, les traditionnels fonds structurels comme lot de consolation.

Un tropisme nord-sud

Ces enjeux réveillent les revendications individuelles. Lors de l’assemblée générale de la Conférence des régions périphériques et maritimes (CRPM), la Sicile s’est par exemple étonnée de voir deux de ses ports exclus du réseau-clé. La région de Valence, en Espagne, réclame quant à elle une prolongation de son corridor méditerranéen jusqu’à Algeciras.

En France, certains élus aimeraient obtenir un coup de pouce. « On est plutôt satisfaits », commente Lyliane Jean, conseillère régionale des Pays de la Loire, mais la Commission privilégie la desserte du nord vers le sud « au détriment de l’axe est-ouest », regrette-elle. « On a pourtant intérêt de le développer si l’on veut éviter que les camions traversent toute l’Europe », poursuit l’élue.

Fin juin, à l’occasion des propositions budgétaires pour 2014-2020, la Commission avait identifié dix grands axes reliant les métropoles européennes entre elles et faisant intervenir différents modes de transport : desserte routière, ferroviaire, transports fluviaux, maritimes ou aériens. L’ensemble Nantes-Saint-Nazaire est inclus dans la liste des ports prioritaires, mais la métropole nantaise ne fait pas partie du corridor Atlantique qui relierait Paris à l’Espagne.

Maillon ouest

Pour rétablir l’équilibre géographique tout en désengorgeant le bassin parisien, huit régions françaises (Haute-Normandie, Picardie, Île-de-France, Pays de la Loire…) plaident donc pour la création d’un « maillon ouest » qui s’appuierait sur des liaisons fret ferroviaire entre le Havre et l’Allemagne, Nantes et l’Italie du Nord ou encore entre le Benelux et l’Espagne.

Si la dimension européenne de tous ces projets est incontestable, le nerf de la guerre reste financier. « Les infrastructures doivent constituer les bases du marché européen », a justifié Jean-Eric Paquet, en charge du réseau de mobilité à la Commission européenne, lors de l’assemblée générale de la CRPM. Mais « il va falloir convaincre les ministres du Budget ».

Jusqu’en 2013, le réseau transeuropéen de transport est financé à hauteur de 8 milliards d’euros. Le résultat d’une coupe claire des États, qui n’avaient pas accepté la proposition initiale de la Commission, chiffrée à 20,35 milliards d’euros.