Les résultats des élections tchèques dans l'impasse [FR]
Les élections législatives en République tchèque ont donné lieu à une situation où les deux principaux partis détiennent exactement la moitié des 200 sièges au Parlement.
Les élections législatives en République tchèque ont donné lieu à une situation où les deux principaux partis détiennent exactement la moitié des 200 sièges au Parlement.
Lors des élections des 2 et 3 juin 2006, les premières depuis l’adhésion de la République tchèque à l’UE en mai 2004, le Parti démocratique civique (ODS, droite) mené par Mirek Topolanek, a remporté le scrutin avec 35,38 % des voix, soit 81 sièges. Leurs deux partenaires de prédilection pour former une coalition ont obtenu des résultats médiocres, les Chrétiens démocrates ne recueillant que 7,22% des voix (soit 13 sièges) et les Verts 6,29% (soit six sièges).
Les socio-démocrates du premier ministre Jiri Paroubek ont recueilli 32,32% des voix et 74 sièges, mais leurs partenaires communistes, qui ne sont plus au pouvoir depuis la « révolution de velours » de 1989, ont remporté 12,81% des voix (soit 23 sièges). Chaque camp détient donc exactement 100 des 200 sièges du Parlement tchèque.
Tentant de sortir de cette impasse, le président Vaclav Klaus a demandé le 5 juin 2006 à M. Topolanek d’entamer les négociations pour former un gouvernement de coalition. M. Klaus, eurosceptique, est fondateur et président d’honneur du parti de M. Topolanek, l’ODS. Ce parti, qui ne fait plus partie du gouvernement depuis juin 1996, recommande un taux uniforme de l’impôt à 15% pour les revenus, les recettes des entreprises et la valeur ajoutée. M. Topolanek a ainsi déclaré qu’il défendrait vivement ce projet, mais son ministre des finances, Valdimir Tlusty, a précidé qu’en raison du résultat serré des législatives, c’était « probablement hors de question. »
M. Paroubek a refusé de féliciter M. Topolanek, soutenant que l’ODS avait violé les lois relatives à la campagne électorale avec la publication, au cours de la semaine qui a précédé les élections, d’un dossier de police secret sur des liens supposés entre des fonctionnaires du gouvernement et des membres du crime organisé.
Cependant, M. Paroubek a indiqué que son parti était prêt à prendre la tête de l’opposition et a précisé que l’opposition ménerait la vie dure au futur premier ministre, Mirek Topolanek. « Vous ne pourrez même pas vous laver les mains sans l’opposition, » a-til déclaré, selon un article du Financial Times.
L’affrontement entre les deux dirigeants éloigne la perspective d’un gouvernement de grande coalition, semblable à celui allemand, comme l’aurait souhaité Vaclav Klaus.