Les Russes qui quittent leur pays n’obtiendront pas de visa tchèque

Les Russes qui quittent leur pays par crainte d’être mobilisés ne remplissent pas les conditions pour se voir accorder un visa humanitaire en République tchèque, a déclaré jeudi (22 septembre) le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavský.

EURACTIV République tchèque
The internal migration in Russia
Cette déclaration fait suite à l’annonce par le président russe Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle en Russie ayant entraîné une augmentation des départs du pays. [EPA-EFE/SERGEI ILNITSKY]

Les Russes qui quittent leur pays par crainte d’être mobilisés ne remplissent pas les conditions pour se voir accorder un visa humanitaire en République tchèque. C’est ce qu’a déclaré jeudi (22 septembre) le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavský.

Cette déclaration, reprise par l’agence de presse tchèque, fait suite à l’annonce par le président russe Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle en Russie, ayant entraîné une augmentation des départs du pays.

La République tchèque a été le premier État membre de l’Union européenne à interdire les visas touristiques pour les Russes après le début de la guerre en février, et le visa humanitaire est le seul type de visa encore disponible pour des cas exceptionnels. Les personnes qui luttent contre le régime du Kremlin ou les militants des droits de l’homme en peuvent notamment en bénéficier.

Jeudi, la Commission européenne a déclaré qu’il appartiendrait à chaque État membre de décider d’accepter ou non sur son territoire des personnes en provenance de Russie.

Contrairement à la République tchèque, l’Allemagne accueillera les Russes quittant leur pays, ont confirmé des ministres jeudi.

En revanche, les États baltes affirment qu’ils n’accorderont pas l’asile aux Russes fuyant la mobilisation militaire.

Le ministre finlandais de la Défense, Antti Kaikkonen, a déclaré que la mobilisation annoncée par Vladimir Poutine justifiait un durcissement de la politique européenne en matière de visas russes. La frontière finlandaise reste pour l’instant la seule frontière de l’Union partiellement ouverte aux Russes.

« Nous devrions leur accorder l’asile. En toute sécurité pour eux et pour nous. Et sous réserve d’une déclaration claire condamnant [Vladimir] Poutine et le régime russe actuel », a indiqué Vladimír Votápek, analyste en relations internationales, sur Twitter.

« Personnellement, je ne suis pas favorable à l’idée d’aider activement les Russes à fuir le pays, mais un soldat russe réfugié vaut mieux qu’un soldat russe sur le front. Même le fait qu’il y aura des milliers de déserteurs est en réalité une véritable révolution », a confié l’eurodéputée tchèque Michaela Šojdrová du PPE à EURACTIV République tchèque.

Selon elle, les familles des déserteurs comprendront pourquoi leurs pères fuient. « Les citoyens russes doivent comprendre qui est [Vladimir] Poutine et jusqu’où il les a menés. Ils doivent eux-mêmes se rebeller et faire le ménage, rétablir la liberté et la démocratie », estime l’eurodéputée.