Les satellites de navigation de Galileo ont été lancés

La fusée russe Soyouz a été lancée depuis le centre spatial guyanais vendredi (21 octobre), avec à son bord les deux premiers satellites du système européen de positionnement géographique, Galileo. Ce programme pourrait générer jusqu'à 90 milliards d'euros d'avantages économiques et sociaux sur deux décennies et relancera la concurrence commerciale dans l'espace.

EURACTIV.fr / Reuters
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La fusée russe Soyouz a été lancée depuis le centre spatial guyanais vendredi (21 octobre), avec à son bord les deux premiers satellites du système européen de positionnement géographique, Galileo. Ce programme pourrait générer jusqu'à 90 milliards d'euros d'avantages économiques et sociaux sur deux décennies et relancera la concurrence commerciale dans l'espace.

Avec ce lancement depuis la base spatiale européenne située en Amérique du Sud, c'est la première fois que Soyouz, qui a volé pour la première fois en 1966 et tire ses origines des missiles balistiques intercontinentaux de la guerre froide, a décollé d'une base en dehors de l'ex-Union soviétique.

La fusée a décollé à 7h30 heure locale (10h30 GMT) de la base proche de Kourou en Guyane française, sur la côte nord-est de l'Amérique du Sud. Les satellites de Galileo ont été programmés pour se séparer quatre heures plus tard. La pluie battante n'a eu aucune incidence sur l'opération.

« Tout s'est bien passé », a déclaré Jean-Yves Le Gall, le président d'Arianespace, juste après le lancement.

Il s'agit du couronnement de plus d'une décennie de travail. Le lancement avait dû être reporté de 24 heures après qu'une anomalie pendant le chargement en carburant a été détectée au troisième étage de la fusée.

Le commissaire européen en charge de l'industrie et de la politique spatiale, Antonio Tajani, a affirmé qu'un nouvel appel d'offres serait annoncé vendredi pour six ou huit satellites supplémentaires.

Une fois opérationnel, le système Galileo permettra aux Européens de ne plus dépendre du système GPS contrôlé par le gouvernement des Etats-Unis. La Russie a affirmé qu'elle avait récemment mis au point un système similaire.

Au lieu de construire une nouvelle fusée, l'Europe a décidé de construire une base de lancement de 467 millions d'euros pour la fusée Soyouz en Guyane française, d'où avait déjà été lancées des fusées de la famille Ariane.

La France a assumé plus de 80 % des coûts de construction et les 70 millions d'euros de coûts supplémentaires.

L'agence spatiale nationale russe (Roscosmos) recevra quant à elle des dizaines de millions d'euros pour chaque fusée construite et envoyée de son centre spatial situé à Samara.

« Soyouz nous procurera une gamme complète de lanceurs », a affirmé M. Le Gall à Reuters.

Arianespace prévoit dorénavant d'envoyer en orbite au moins deux fusées Soyouz par an, un plus de son lanceur lourd Ariane 5. Cette série de lancements sera assortie du lancement d'un appareil plus petit, Vega, l'année prochaine.

Seize satellites Galileo font déjà l'objet d'un contrat signé : quatre avec le fabricant franco-allemand Astrium et 12 avec l'entreprise allemande OHB. Galileo devrait disposer de 30 satellites d'ici 2020.

« J'annoncerai un nouvel appel d'offres pour la construction de six ou huit satellites », a déclaré à la presse M. Tajani sur la base spatiale de Kourou. « La signature des nouveaux contrats est prévue pour le mois de février ».

Le Centre national d'études spatiales français (CNES) est le principal propriétaire d'Arianespace avec 34 %, suivi d'Astrium avec 30 %. Astrium est une filiale du géant européen de l'aérospatiale EADS.

Le lancement de vendredi a fait suite à des années de débats, de retards et de différends sur le budget alloué au projet, depuis que la France et la Russie ont décidé de coopérer en 2003.