Les socialistes européens exhortent le PPE à voir le « vrai visage » de Giorgia Meloni

Le Parti socialiste européen a vivement réagi à la déclaration de l’eurodéputé allemand de l’Union chrétienne-démocrate Jens Spahn, qui a laissé entendre que le Parti populaire européen de centre droit pourrait travailler avec le parti d’extrême droite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni.

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Giacomo Filibeck, le secrétaire général du PSE, a rétorqué à Euractiv que si M. Spahn pense que Mme Meloni ne représente pas l’extrême droite, « je l’invite à regarder à nouveau le congrès de Vox [CRE] de dimanche dernier ». [[Photo source: PES]]

Le Parti socialiste européen (PSE) a vivement réagi à la déclaration de l’eurodéputé allemand de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) Jens Spahn, qui a laissé entendre que le Parti populaire européen (PPE) de centre droit — dont son groupe fait partie — pourrait travailler avec le parti d’extrême droite Fratelli d’Italia de la Première ministre italienne Giorgia Meloni.

Lors d’un entretien accordé à Euractiv en début de semaine, M. Spahn a laissé entrevoir une collaboration du PPE avec le parti de Mme Meloni.

Une telle option fait débat au sein de la CDU allemande, le plus grand parti membre du PPE et le parti dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est issue.

Si Fratelli d’Italia a été qualifié de parti « post-fasciste », cela ne semble pas pour autant inquiéter M. Spahn, qui a affirmé que son parti avait abandonné ses réserves sur la question de la coopération avec le parti italien.

Il a indiqué que « le “pare-feu” — selon lequel les partenaires potentiels du PPE doivent être pro-européens, pro-OTAN, pro-État de droit et pro-Ukraine — se trouve à la droite du parti de [Giorgia] Meloni au Parlement européen ».

S’exprimant auprès d’Euractiv, Giacomo Filibeck, secrétaire général du PSE, a souligné que si M. Spahn pense que Mme Meloni ne représente pas l’extrême droite,  il « l’invite à regarder à nouveau le congrès de Vox de dimanche dernier ».

« En se montrant aux côtés du [Premier ministre hongrois Viktor] Orbán, de [Marine] Le Pen, du [président de Vox Santiago] Abascal et du [président du parti portugais Chega André] Ventura, Giorgia Meloni révèle son vrai visage. Nous, socialistes et sociaux-démocrates, restons fidèles à nous-mêmes et ne coopérerons jamais avec l’extrême droite. C’est ce que l’on attend de tous les partis démocratiques », a déclaré le responsable socialiste européen.

Les socialistes européens ont précisé qu’ils ne s’assiéraient pas aux négociations pour une majorité pro-UE après les élections si un membre des groupes d’extrême droite Conservateurs et Réformistes européens (CRE) ou Identité et Démocratie (ID) était également présent.

Tout comme le parti espagnol Vox, le parti Fratelli d’Italia de Mme Meloni appartient au CRE, groupe avec lequel le centre évite habituellement de coopérer. Cependant, lors du congrès de Vox dimanche dernier, l’Italienne a exprimé sa volonté d’unir les partis de droite européens.

« Nous nous concentrons sur le nom du [futur] président de la Commission européenne, mais le véritable enjeu est de construire une majorité différente de celle que nous avons connue ces cinq dernières années, à savoir une majorité contre nature entre le Parti populaire européen et les socialistes », a expliqué la Première ministre italienne.

De nombreux groupes politiques ont assisté au congrès de Vox. Il s’agit notamment du RN (ID), de Fratelli d’Italia (CRE), du Fidesz (non-inscrit depuis son départ du PPE), du parti Droit et Justice (PiS) polonais (CRE) et de Chega (ID).

De nombreux analystes ont suggéré que la présence de ces différents partis pourrait indiquer un souhait de collaboration entre les groupes d’extrême droite CRE et ID au sein du Parlement européen après les élections de juin.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]