L’Europe suspendue au sort des urnes françaises
Les résultats du premier tour de la présidentielle risque d’être connus plus tard que d’ordinaire. Les pro-européens ont enjoint les Français de « rester avec eux ».
Les résultats du premier tour de la présidentielle risquent d’être connus plus tard que d’ordinaire. Les pro-européens ont enjoint les Français de « rester avec eux ».
Alors que le résultat risque d’être serré, l’Europe a les yeux rivés sur les urnes françaises dont le résultat risque de se faire attendre.
La fermeture des bureaux de vote des villes de province ayant été reculée à 19h00 plutôt que 18H00 auparavant, les estimations habituelles qui étaient connues vers 19H30 et diffusées vers 20H00 pourraient arriver nettement plus tard. En cas de résultats serrés, ce qui risque d’être le cas si l’on en croit les derniers sondages qui mettaient Macron, Fillon, Le Pen et Melenchon dans un quatuor de tête, les deux instituts de sondages mobilisés, Ipsos et Sofres, pourraient attendre avant de diffuser leurs estimations.
L’hypothèse d’avoir trois candidats à l’affiche n’est pas exclue, car les sondeurs pourraient peiner à identifier le numéro deux de l’élection dans un premier temps.
Participation en hausse
La participation, dont certains craignaient qu’elle ne faiblisse, semble toutefois plus dynamique qu’en 2012. Selon le ministère de l’Intérieur, 28,5 % des votants avaient voté à midi, soit plus qu’en 2012 lors du premier tour de l’élection présidentielle qui avait désigné Hollande et Sarkozy pour le second tour.
Les pays européens attendent avec inquiétude le résultat de ce premier tour. Le Front national a été durant toute la campagne en tête des intentions de vote, la présidente de la formation étant créditée de 25 % des voix à son pic, avant de retomber en fin de campagne. Mais la tentative d’attentat terroriste de jeudi soir sur les Champs-Elysées pourrait l’avoir renforcée.
Elle pourrait aussi ne pas se qualifier, ce qui serait à la fois surprenant et vaguement rassurant pour les autres pays membres de l’Union européenne, qui craignent que la leader du FN ne fasse éclater l’Europe.
Les Allemands très préoccupés
Samedi, les manifestations du mouvement pro-européen PulseofEurope ont battu des nouveaux records de participation, les Allemands se rassemblant notamment en masse pour appeler les Français : « rester avec nous » demandaient-ils. Ou comment demander aux Français de ne pas voter pour les extrêmes. A Hambourg, les manifestants se sont rassemblés en formant un drapeau français, comme à Cologne le 11 avril (photo).
Les Allemands sont aussi ceux qui ont montré le plus d’intérêt pour le sujet dimanche entre 8H00 et 14H00 si l’on en croit le nombre de requêtes sur Google concernant l’élection présidentielle française. Viennent ensuite les Suisses, Luxembourgeois, Autrichiens, Ivoiriens, les Belges, les Tchèques, et le Slovaques.
Les dirigeants politiques européens sont souvent restés discrets, comme l’exige l’étiquette, faisant simplement part de leur préoccupation comme l’ex premier ministre finlandais Alex Stubb.
Every election is important. Few more so than the first round of the presidentials in #France today. #values #direction #EU
— Alexander Stubb (@alexstubb) April 23, 2017
Obama vote Macron, Trump Le Pen
Le coup de fil de Barack Obama à Emmanuel Macron, jeudi 20 avril, a toutefois été analysé comme un soutien, même si l’ex président des Etats-Unis s’en défend. Mais force est de constater qu’il n’a pas appelé les autres candidats.
Le président Donald Trump a de son côté assuré à AP un soutien assez direct à Marine Le Pen, assurant qu’elle était « la plus ferme sur les frontières et la plus ferme sur les événements récents en France», vendredi 21 avril. Sur twitter, des comptes pro-Trump ont d’ailleurs directement soutenu Marine Le Pen, à l’instar de celui-ci.
https://twitter.com/chrisk2000/status/856114194185203712
L’absence de maitrise de la langue française des militants pro-Trump limite toutefois l’impact potentiel de leur mobilisation.