L'extrême droite suédoise tient une conférence de presse commune avec la ministre de l'Immigration
Bien que son parti ne fasse pas officiellement partie du gouvernement suédois, le numéro deux du parti d’extrême droite des Démocrates de Suède a tenu jeudi une conférence de presse sur les permis de séjour avec la ministre de l’Immigration.
Bien que son parti ne fasse pas officiellement partie du gouvernement suédois, le numéro deux du parti d’extrême droite des Démocrates de Suède a tenu jeudi une conférence de presse sur les permis de séjour avec la ministre de l’Immigration.
Le chef de file du parti des Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna) au Parlement suédois, Henrik Vinge, a tenu jeudi (15 décembre) une conférence de presse avec la ministre de l’Immigration Maria Malmer Stenergard, du parti les Modérés (centre droit).
Une telle conférence de presse est une première pour le royaume scandinave, les Démocrates de Suède ne faisant en effet pas partie du gouvernement suédois.
Après les élections de septembre, les Modérés (centre droit), les Chrétiens-démocrates et les Libéraux ont formé une coalition tripartite. Les Démocrates de Suède, qui ont obtenu 20 % des suffrages lors des élections générales de septembre, ont été exclus du gouvernement en dépit de leur poids politique.
Un accord formel a néanmoins été signé avec la coalition gouvernementale : en échange d’un soutien politique, les Démocrates de Suède ont imposé leur politique migratoire stricte au gouvernment de M. Kristersson.
La conférence de presse de jeudi a donc été la première illustration de nouvelles prérogatives de Démocrates de Suède. M. Vinge a annoncé avec la ministre de l’Immigration, Mme Stenegard, que l’Office national des migrations allait prendre des mesures pour renforcer son travail de révocation des permis de séjour et de travail.
« L’objectif est de permettre à l’Office national des migrations d’identifier plus rapidement les cas où il existe des indications que le permis doit être révoqué et de rendre le délai de traitement [des dossiers] plus efficace », a déclaré M. Vinge, selon SVT Nyheter.
« Le système d’immigration réglementée ne doit pas faire l’objet d’abus. En conséquence, nous confions à l’Office national des migrations la mission de renforcer la procédure de révocation », a déclaré Mme Stenergard, selon le quotidien Aftonbladet.
Le gouvernement suédois, en collaboration avec les Démocrates de Suède, a notamment décidé que l’Office national des migrations allait analyser « de nouveaux systèmes automatisés » et « de nouvelles méthodes pour surveiller régulièrement les permis de séjour accordés ».
Lors de la conférence de presse, Henrik Vinge s’est référé à un rapport de l’Office national des migrations qui montre qu’il existe des « indications importantes » d’« abus importants » des permis de séjour pour des études supérieures.
Selon le rapport, de nombreux étudiants venant en Suède pour étudier utilisent en réalité leur permis de séjour pour y travailler. Le rapport se concentre principalement les étudiants pakistanais, mais il apparaît que les conclusions concernent également les étudiants d’autres pays, a publié l’agence de presse TT.
Ainsi, un tiers des étudiants pakistanais en master ont abandonné leurs études pour travailler à temps plein immédiatement après avoir obtenu 30 crédits académiques, et un autre tiers a abandonné ses études pour des raisons inconnues.
À la différence de nombreux autres pays de la zone Schengen, la législation suédoise ne fixe pas de limite supérieure au volume horaire de travail que peuvent effectuer les étudiants internationaux en parallèle de leurs études. La Suède offre par ailleurs l’attractive possibilité de solliciter un permis de travail dans le pays à la suite de l’obtention de 30 crédits, soit un semestre d’études.