Liberté de la presse : la Bulgarie, la Grèce et la Hongrie à la traîne

Alors que les Nations unies célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse, un organisme de surveillance a publié son rapport annuel aujourd’hui (3 mai). Ce document révèle un déclin important de la liberté de la presse dans trois États membres de l’UE : la Bulgarie, la Grèce et la Hongrie.

EURACTIV.com
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Alors que les Nations unies célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse, un organisme de surveillance a publié son rapport annuel aujourd’hui (3 mai). Ce document révèle un déclin important de la liberté de la presse dans trois États membres de l’UE : la Bulgarie, la Grèce et la Hongrie.

 

Selon la Freedom House, qui établit un classement de 196 pays et territoires dans le monde, la Hongrie a perdu 16 places et arrive dorénavant en 56e position.

 

Le rapport sur la liberté de la presse indique que les conséquences de « la législation répressive » du pays sont lourdes sur la manière de pratiquer le métier de journaliste.

 

La Grèce est passée de la 70e à la 84e place. Selon ce rapport, les journalistes grecs travaillent dans des conditions sociales et professionnelles désastreuses et sont exposés au mécontentement populaire. Les professionnels des médias sont également confrontés au risque de représailles violentes de la part du parti néonazi l'Aube dorée.

 

La Bulgarie a perdu sept places et figure maintenant à la 87e position. La Commission européenne a par le passé critiqué la concentration excessive de médias en Bulgarie. Le pays se retrouve au cœur d'un scandale d'espionnage illégal d'une ampleur sans précédent, appelé « Watergate bulgare ». Selon des rapports dont la fiabilité se confirme, de nombreux journalistes ont été illégalement mis sur écoute.

 

La Roumanie est le dernier État membre de l'UE et se place en 88e position. Le pays a toutefois progressé par rapport à l'année dernière, car elle occupait la 92e place.

 

Cinq États membres de l'UE se retrouvent dans les dix premières positions. La Finlande est première, suivie des Pays-Bas, de la Norvège, du Luxembourg, d'Andorre, du Danemark, du Liechtenstein, de la Nouvelle-Zélande, de l'Islande et de la Suède.

 

La Journée mondiale de la liberté de la presse célébrera son 20e anniversaire vendredi.

 

« Lorsque il est possible de s'exprimer en toute sécurité, c'est le monde entier qui en bénéficie »

 

Des représentants des Nations unies ont lancé un appel en vue de garantir la sécurité des journalistes dans tous les pays. Cet appel se fait l'écho des déclarations du secrétaire général Ban Ki-moon : « Lorsque il est possible de s'exprimer en toute sécurité, c'est le monde entier qui en bénéficie. »

 

« Les professionnels des médias sont aussi trop nombreux à être victimes d'intimidations, de menaces et de violences. Trop nombreux à être soumis à la détention arbitraire et à la torture, souvent sans recours légal. Nous devons nous montrer fermes face à cette forme d'insécurité et d'injustice. »

 

La directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a déclaré que plus de 600 journalistes avaient été tués au cours de la dernière décennie alors que bon nombre d'entre eux ne couvraient pas des situations de conflit. L'impunité est également répandue : neuf affaires de meurtres de journalistes sur dix restent impunies.

 

Dans le même temps, la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a mis en exergue l'importance de la sécurisation de la liberté de la presse, alors que le pays se prépare à des élections présidentielles en 2014.

 

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l'Afghanistan est l'un des dix pays où les crimes contre les journalistes restent impunis. L'Iraq, les Philippines et la Somalie font également partie de cette liste.

 

Les Nations unies font remarquer qu'en Somalie, les journalistes risquent non seulement leur vie tous les jours, mais qu’ils font également l'objet d'arrestations arbitraires. Par exemple, un journaliste a été accusé en début d’année d'avoir inventé un article sur un viol, sur la base d’un entretien qui n'a jamais été publié.

 

Dans le même style d'activités que cette journée mondiale, l'UNESCO organise une série d'évènements qui se concentrent sur la liberté d'expression dans tous les médias pendant trois jours à San José, au Costa Rica.  Ces évènements comprennent une cérémonie de remise de prix pour le lauréat du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano. Cette année, ce prix sera décerné à Reeyot Alemu qui a rédigé des articles critiques sur la pauvreté et l'égalité hommes-femmes. Elle purge actuellement une peine de cinq ans de prison.

 

L'UNESCO organise aussi un festival de trois jours à Rabat (Maroc) pour célébrer le 20e anniversaire de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Ce festival sera ponctué de conférences, de sessions de formation pour journalistes, d'une exposition d'art et d'une projection de film.