Libye : l’UE prête à prendre des sanctions
Alors que le bilan des victimes de la répression sanglante menée par le pouvoir libyen ne cesse de s’alourdir, l’Union européenne condamne les violences et pointe le risque de crise humanitaire.
Alors que le bilan des victimes de la répression sanglante menée par le pouvoir libyen ne cesse de s’alourdir, l’Union européenne condamne les violences et pointe le risque de crise humanitaire.
La haute représentante de l’Union Européenne pour la politique extérieure, Catherine Ashton, a réitéré son appel, mercredi 23 février, pour la fin immédiate des violences exercées par le pouvoir libyen à l’encontre des civils. « Un accès immédiat doit être accordé aux observateurs internationaux des droits de l’homme et aux organisations humanitaires. L’UE est prête à fournir l’aide humanitaire là où elle est nécessaire », a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, « l’Union européenne a décidé de suspendre ses négociations avec la Libye concernant l’accord-cadre UE-Libye » en gestation depuis 2008, et est « prête à prendre des mesures supplémentaires » à l’encontre du régime libyen et des auteurs des violences.
Elle affirme avoir convoqué une réunion du Comité politique et de sécurité (COPS). Cet organe dépendant du Conseil de l’Union européenne est censé jouer un rôle central dans la définition et le suivi de la réponse de l’UE à une crise.
« Responsabilité morale »
De son côté, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy a condamné la violence à l’égard des manifestants libyens. « J’appelle à l’arrêt immédiat de l’usage de la force. Tous les citoyens devraient avoir le droit de manifester librement et pacifiquement », a-t-il affirmé. « L’Union européenne ne devrait pas être trop condescendante, mais elle ne devrait pas non plus craindre d’user de sa responsabilité politique et morale », a-t-il ajouté.
Au Parlement européen, le co-président du groupe des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit, a salué les déclarations de la Haute représentante de l’UE pour la politique extérieure, Catherine Ashton. « Nous insistons auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies pour qu’il assure et coordonne la mise en place d’une aide humanitaire immédiate. » Les Verts demandent aussi à la Commission « de coordonner l’assistance et l’accueil des réfugiés en danger et d’activer la clause de protection temporaire ».
Le président du groupe Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen, Martin Schulz, a quant à lui appelé à une enquête de l’ONU pour crimes supposés contre l’humanité : « Si le leader libyen est coupable de tels crimes, il doit en assumer les conséquences, cela inclut un procès pour crimes contre l’humanité. »
Dans la journée du 23 février, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France allait proposer à ses partenaires européens «l’adoption rapide de sanctions concrètes» à l’encontre des responsables des violences qui ont lieu actuellement en Libye.