Libye : Sarkozy faiblement soutenu par l’UE

Le chef de l’État français n’a pas réussi à convaincre ses partenaires européens de procéder à des frappes militaires ciblées sur la Libye.

EURACTIV.fr
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Le chef de l’État français n’a pas réussi à convaincre ses partenaires européens de procéder à des frappes militaires ciblées sur la Libye.

Le président français, Nicolas Sarkozy, et le premier ministre britannique, David Cameron, sont arrivés à Bruxelles avec plusieurs demandes claires sur la Libye. Les conclusions de la rencontre des dirigeants européens, vendredi 11 mars, sont bien en dessous de leurs exigences.

Les chefs d’État et de gouvernement des 27 pays de l’UE ont tout d’abord refusé la mise en place de frappes aériennes sur le pays. En arrivant à Bruxelles, le président français avait déclaré qu’il était favorable à des actions « ciblées » contre les forces de Mouammar Kadhafi en cas d’usage par ces dernières « d’armes chimiques » ou de bombardement de la population. 

Mais les dirigeants européens ont simplement accepté « d’examiner toutes les actions nécessaires pourvu qu’il y ait un besoin démontrable, une base juridique claire et un support de la région ». 

L’Union européenne attendra donc que le Conseil de sécurité de l’ONU fasse une résolution en ce sens. Le soutien de la Ligue arabe sera également nécessaire. En revanche, la notion de « besoin démontrable » est plus flou. 
 
A quel moment les dirigeants européens estimeront-ils que la situation nécessite une intervention? Interrogé par des journalistes lors d’une conférence de presse à l’issue de la rencontre, le chef de l’État français n’a pas vraiment répondu. 
 
« Faire vivre le cadre »
 
Il ne s’est pas non plus prononcé sur une possible intervention du Royaume-Uni et de la France seuls. « Je ne souhaite pas aller plus loin là-dessus. (…) Le cadre est fixé, il faut faire vivre ce cadre », a-t-il indiqué en énumérant à nouveau les trois conditions posées par les dirigeants européens pour toute option militaire.  
 
Plusieurs pays dont l’Allemagne étaient opposés depuis le début à toute intervention directe de l’UE en Libye. Mais les dirigeants européens pourraient également vouloir attendre les conclusions de la rencontre de la Ligue arabe, samedi 12 mars, au Caire.
 
Les chefs d’État de ces pays pourraient décider d’une intervention en Libye. Peut-être en donnant mandat à l’Egypte pour piloter certaines actions quelles qu’elles soient, et pourquoi pas une zone d’exclusion aérienne, ont indiqué à EURACTIV des sources du Parlement européen.
 
Des diplomates ont également déclaré à EURACTIV que si les pays arabes pilotaient une action pour arrêter les attaques de Kadhafi sur le peuple libyen, la France et le Royaume-Uni pourraient fournir « le support nécessaire ».
 
A la demande de Paris, les 27 ont accepté qu’une rencontre entre l’Union européenne, l’Union africaine et la Ligue arabe ait lieu « prochainement ».
 
« Interlocuteur politique »
 
Parmi les autres demandes de la France figurait la reconnaissance du Conseil national de la résistance libyenne (CNL) comme « seul représentant légitime » du pays. La France est aujourd’hui l’unique pays à avoir franchi ce cap. Les dirigeants européens ont simplement indiqué dans leurs conclusions que le CNL était « un interlocuteur politique ». 
 
De nombreux pays européens ne veulent pas discuter avec le CNL, notamment composé d’anciens ministres du colonel Kadhafi aujourd’hui passés dans l’opposition. A ces doutes, notamment exprimés par le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle le matin du sommet européen, le président français a répondu qu’aujourd’hui, « ces gens qui ont travaillé avec Kadhafi risquent leur vie. Ce n’est pas rien ». 
 
D’une certaine manière, seul le rejet unanime du régime de Kadhafi, voulu par la France, a été accepté par les Européens. « Le colonel Kadhafi doit renoncer au pouvoir immédiatement. Son régime a perdu toute légitimité et n’est plus un interlocuteur pour l’UE », indiquent les conclusions de la rencontre.