Libye : Sarkozy veut une «stratégie commune» de l’UE
Le président français affirme que l’UE doit "se doter sans tarder de nouveaux outils" pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse des pays du Sud de la Méditerranée.
Le président français affirme que l’UE doit « se doter sans tarder de nouveaux outils » pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse des pays du Sud de la Méditerranée.
La France a demandé la réunion d’un Conseil européen consacré aux conséquences des événements qui ont lieu en Libye, a annoncé Nicolas Sarkozy, dimanche 27 février, au cours d’un discours télévisé.
Le chef de l’État a estimé que l’Europe devait adopter «une stratégie commune face à la crise libyenne, dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de toute la région». «Nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies sur des flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme», a-t-il précisé.
Nicolas Sarkozy a appelé l’Europe à «se doter sans tarder de nouveaux outils pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse [des] pays du Sud de la Méditerranée» ainsi que la mise en place d’une «politique économique et commerciale».
Embargo sur les armes
Vendredi 25 janvier, des sources diplomatiques ont indiqué que l’UE arrêterait officiellement des sanctions à l’encontre du régime du dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, au plus tard le 2 mars.
Une réunion technique qui s’est tenue le jour même à Bruxelles a énoncé la liste de mesures possibles : gel des avoirs financiers, interdiction de visas et embargo sur les armes ainsi que sur les matériels de gestion des troubles à l’ordre public tels que les gaz lacrymogènes. Un autre diplomate a indiqué que les États membres planchaient désormais sur une liste de personnes susceptibles d’être visées par ces sanctions.
L’arrêt des relations économiques, comme proposé plus tôt par la France, ne fait pas partie des options finalement retenues par les Vingt-Sept, a-t-on précisé de même source.
L’Union pour la Méditerranée paralysée
Au cours de son allocution, Nicolas Sarkozy a également appelé à «refonder» l’Union pour la Méditerranée (UPM). Elle doit «permettre à tous les peuples de la Méditerranée de bâtir une destinée commune». L’UPM connaît, depuis son lancement en juillet 2008, de graves difficultés institutionnelles et politiques. L’Egypte était notamment co-présidente de l’UPM avec la France.
L’organisation, qui regroupe 43 pays dont les 27 États membres de l’UE, est paralysée par le conflit israélo-palestinien. Deux ans après le sommet de Paris, les dirigeants des pays de l’UPM devaient se réunir en juin 2010. Ils ont finalement reporté leur rencontre sine die.
Dernier développement en date : la démission du secrétaire général de l’Union, fin janvier. Le Jordanien Ahmad Massa’deh justifiait alors son départ en affirmant que les conditions dans lesquelles il avait accepté ce poste avait changé.