L’Italie demande à l’UE de prendre ses responsabilités après un nouveau naufrage de migrants

L’UE doit assumer une « responsabilité concrète » dans la gestion des migrations, a déclaré le président italien Sergio Mattarella dans un communiqué officiel après la mort d’au moins 59 migrants dans un naufrage au large de l’Italie.

EURACTIV Italie
Dozens found dead in southern Italy after migrant boat sinks in rough seas
Malgré l’avertissement, basé sur des images de caméras thermiques, les autorités italiennes ont mobilisé une « opération de maintien de l’ordre » au lieu d’une opération de recherche et de sauvetage. [EPA-EFE/ANSA]

L’Union européenne doit assumer une « responsabilité concrète » dans la gestion des migrations, a déclaré le président italien Sergio Mattarella dans un communiqué officiel après la mort d’au moins 59 migrants, dont des enfants, dans un naufrage au large du sud de l’Italie.

Le bateau qui se rendait de la Turquie aux côtes italiennes s’est brisé sur les rochers en raison d’une mer agitée, et seules 80 personnes ont pu être secourues. Les forces de sécurité italiennes ont tenté d’apporter une aide supplémentaire, mais leurs efforts ont été compliqués par les conditions météorologiques difficiles.

L’UE doit « enfin prendre des responsabilités concrètes dans la gestion du phénomène migratoire pour le soustraire aux trafiquants d’êtres humains », a déclaré le président italien Sergio Mattarella dans un communiqué officiel après la tragédie.

Le gouvernement « s’engage à empêcher les départs et, par conséquent, à mettre fin à ces tragédies », a déclaré la Première ministre Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia —  groupe des Conservateurs et Réformistes au Parlement européen).

« [Nous] continuerons à le faire en exigeant avant tout une coopération maximale des États de départ et d’origine », a-t-elle ajouté.

Jeudi (23 février), le Sénat a finalement approuvé le « décret ONG » — ou « code de conduite pour les navires des ONG » — qui introduit de nouvelles règles pour le sauvetage des migrants.

Le décret a été critiqué par le Conseil de l’Europe, les Nations unies et plusieurs ONG car il entraverait le sauvetage des migrants.

Le gouvernement italien affirme au contraire que le code de conduite vise à mettre un terme au trafic d’êtres humains perpétré par des personnes qui profitent de la présence constante des navires des ONG en mer.

Selon les données du ministère italien de l’Intérieur, depuis le 1er janvier, environ 12 000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes. Ce nombre a triplé depuis l’année dernière. En outre, les migrants viennent principalement de Côte d’Ivoire, du Pakistan, de Guinée et de Tunisie.

« Fini l’Italie qui se retourne contre ceux qui respectent les règles et fait semblant de ne pas voir ceux qui les enfreignent systématiquement », a commenté Mme Meloni, faisant référence à l’immigration clandestine et au trafic d’êtres humains.

Selon le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani, « les ONG n’ont rien à voir » avec le naufrage de dimanche. Il appelle à la conclusion d’accords conjoints au niveau de l’UE avec les pays de départ. « J’espère qu’ils [l’UE] comprennent que ce n’est pas un caprice italien », a-t-il ajouté.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a commenté sur Twitter : « Tous ensemble, nous devons redoubler d’efforts sur le pacte sur la migration et l’asile et le plan d’action pour la Méditerranée centrale ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]