Loi sur les « agents étrangers » : l’UE va réduire ses relations avec la Géorgie

L’UE va réduire ses contacts politiques avec la Géorgie et envisager le gel de l’aide financière européenne accordée au gouvernement dirigé par le Rêve géorgien, après l’adoption par le pays d’une loi controversée sur les « agents étrangers ».

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Georgians protest against the ‘foreign agents’ draft bill in Tbilisi
S’adressant aux journalistes plus tôt dans la matinée, le chef de la diplomatie de l’UE a précisé que la porte de l’adhésion de la Géorgie pourrait « se refermer » si le gouvernement de Tbilissi, dirigé par le Rêve géorgien, continuait à restreindre les libertés civiles. [EPA-EFE/DAVID MDZINARISHVILI]

L’Union européenne va réduire ses contacts de haut niveau avec la Géorgie et envisager le gel de l’aide financière européenne accordée au gouvernement dirigé par le Rêve géorgien, après la récente adoption par le pays d’une loi controversée sur les « agents étrangers ».

« Nous allons réduire nos contacts politiques […] et nous envisagerons de suspendre l’aide financière au gouvernement », a indiqué le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, à la presse à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Luxembourg.

Au lieu de cela, Bruxelles augmenterait son soutien à la société civile et aux médias indépendants dans le pays et « adapterait les mesures » si nécessaire, en fonction des actions entreprises par Tbilissi.

La loi géorgienne, calquée sur une loi russe visant à faire taire l’opposition au gouvernement, a été adoptée fin mai par le parlement du pays. Elle qualifie des centaines d’ONG et de médias d’« agents étrangers ».

Elle a suscité des vagues de protestations en Géorgie et a été vivement critiquée par l’UE, qui a averti qu’elle entraverait l’adhésion du pays au bloc.

Adhésion à l’UE

« Si le gouvernement ne change pas sa ligne de conduite, la Géorgie ne progressera pas sur la voie de l’Union européenne », a affirmé Josep Borrell.

S’adressant aux journalistes plus tôt dans la matinée, il a précisé que la porte de l’adhésion de la Géorgie pourrait « se refermer » si le gouvernement de Tbilissi, dirigé par le Rêve géorgien, continuait à restreindre les libertés civiles.

« La porte de l’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne est ouverte », avait soutenu Josep Borrell avant les discussions, « mais si le gouvernement continue sur la même voie, s’il continue à faire ce qu’il fait, cette porte sera fermée et le peuple géorgien en paiera les conséquences, en souffrira ».

« Nous soutenons le peuple géorgien et son choix prépondérant en faveur de la démocratie et de l’avenir de la Géorgie au sein de l’Union européenne », a-t-il ajouté.

Ces commentaires ont été formulés après que le Service européen pour l’Action extérieure (SEAE) a présenté aux États membres de l’Union un document reprenant les options possibles concernant la manière de procéder si la situation en Géorgie venait à se détériorer davantage.

Ce document comprend une série de mesures, telles que des sanctions contre les hauts fonctionnaires du gouvernement, la réduction de l’aide financière et la limitation des voyages sans visa, selon un document interne consulté par Euractiv.

26 des 27 États membres de l’UE partagent le sentiment que le gouvernement éloigne la Géorgie de l’UE et que des mesures devraient être prises, a affirmé Josep Borrell.

Selon les diplomates de l’Union, la Hongrie n’était pas d’accord avec cette position.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]