L’OTAN s'engage pour accompagner la production au sein de l’industrie de défense
L'OTAN s'apprête à mettre en place une plateforme pour aider ses membres à élaborer des stratégies nationales de défense, dans une nouvelle tentative de stimuler la production, a appris Euractiv.
L’OTAN s’apprête à mettre en place une plateforme pour aider ses membres à élaborer des stratégies nationales de défense, dans une nouvelle tentative de stimuler la production, a appris Euractiv.
Les dirigeants de l’OTAN devraient s’engager à rédiger des plans et des stratégies par pays membre, afin d’accélérer la croissance de leur industrie de défense et partager leur expérience au sein de l’alliance militaire occidentale, ont confié plusieurs diplomates de l’OTAN à Euractiv.
Cette mesure, qui s’inscrit dans le cadre d’un engagement en faveur de « l’expansion de la capacité industrielle de l’OTAN », sera approuvé à Washington la semaine prochaine. Les membres de l’OTAN espèrent ainsi donner un nouvel élan politique à leur industrie de défense.
Quelques mois après le début de la guerre en Ukraine, les membres de l’OTAN avaient pu constater que leur industrie de défense n’était pas en capacité de produire les quantités nécessaires, dans un délai court, pour répondre aux besoins de l’Ukraine et de ses alliés, qui reconstituaient leurs stocks.
Dans ce contexte, il s’avérait indispendable de trouver des moyens d’augmenter cette production, comme l’a rapporté Euractiv, et d’accroître les dépenses liées à la défense, bien que l’Ukraine soit toujours en infériorité de moyens face à la Russie.
L’industrie de la défense, de son côté, réclame principalement des contrats à long terme, car c’est le meilleur moyen de bénéficier d’une perspective et de justifier l’investissement dans de nouvelles chaînes d’approvisionnement et de production.
L’engagement industriel de l’OTAN en matière de défense visera à « garantir que nous travaillons ensemble pour augmenter la production en Amérique du Nord et en Europe dans l’ensemble de l’Alliance », a déclaré le mois dernier le secrétaire général Jens Stoltenberg.
Toutefois, cet « engagement politique » amènera les pays à préparer et à partager des stratégies sur une « base volontaire », a expliqué un diplomate de l’OTAN à Euractiv, soulignant que la responsabilité de fournir des résultats incombe aux gouvernements nationaux.
Le rôle de l’OTAN dans cette situation, sera celui d’un transporteur, d’un facilitateur et d’une plateforme clé pour étendre la capacité, selon le projet du texte. Il vise également à soutenir l’Ukraine sur le plan militaire, par exemple en lui accordant des licences d’équipement et de production.
L’objectif est également d’améliorer la standardisation de l’équipement utilisé par les 32 alliés militaires — et l’Ukraine — et donc leur capacité à travailler ensemble sur le terrain, ce que l’on appelle « l’interopérabilité », a affirmé un autre diplomate de l’OTAN.
Une grande partie de cette promesse concernant l’augmentation de la production repose aussi sur un engagement à créer des contrats d’approvisionnement multinationaux pour l’armement. A grande échelle, en référence aux grands contrats passés via l’Agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA), d’après des personnes proches du dossier.
Le projet de texte a atteint une version finale, ont indiqué à Euractiv des personnes proches des négociations, bien que le premier diplomate cité ait averti que « rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu ».
OTAN vs UE
Une partie importante des négociations, ont révélé trois diplomates de l’OTAN, portait sur l’équilibre entre les rôles de l’OTAN et de l’UE, qui cherche à accroître son ambition de devenir un acteur de la sécurité par le biais de la politique industrielle.
Alors que la France préconise depuis longtemps l’utilisation des ressources financières européennes en Europe, au lieu d’investir dans des entreprises étrangères, d’autres pays, les États-Unis en tête, préfèrent se référer à « l’industrie transatlantique », y compris l’Amérique du Nord.
D’une certaine manière, les deux camps plaident pour le développement de leur propre industrie de défense, en poussant les autres pays à s’approvisionner auprès d’eux.
« La coopération transatlantique en matière de défense est un élément essentiel de la défense et de la dissuasion de l’alliance », indique le projet de texte.