L’UE crée un Bureau de l’IA au sein de la Commission
La direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies (DG Connect) de la Commission européenne sera restructurée pour accueillir le Bureau de l’intelligence artificielle (IA) nouvellement créé, ont annoncé des fonctionnaires mercredi (29 mai).
La direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies (DG Connect) de la Commission européenne sera restructurée pour accueillir le Bureau de l’intelligence artificielle (IA) nouvellement créé, ont annoncé des fonctionnaires mercredi (29 mai).
Composé d’experts, le Bureau de l’IA sera chargé de veiller à l’application uniforme du règlement de l’UE sur l’IA (AI Act), une législation inédite au niveau mondial qui vise à règlementer les utilisations de la technologie en développement rapide en se basant sur les risques.
Il participera également aux enquêtes sur d’éventuelles infractions et gérera les sanctions contre les contrevenants.
Enfin, il sera chargé d’identifier les risques des nouvelles technologies et de soutenir la recherche européenne.
Établi au sein de la Commission européenne à Bruxelles, ce nouvel organe emploiera 140 spécialistes en technologie, juristes et économistes. L’unité A de la DG Connect de la Commission, dirigée par Lucilla Sioli, deviendra le Bureau de l’IA, et certaines sous-unités seront réaffectées à des tâches liées à cette technologie — une restructuration qui entrera en vigueur le 16 juin, selon un communiqué de l’exécutif.
« Il ne s’agit pas d’une réorientation majeure », la plupart des unités travaillant déjà sur l’IA , a expliqué un fonctionnaire.
En ce qui concerne les craintes concernant les délais de recrutement, un fonctionnaire a expliqué à Euractiv que le Bureau disposait de deux ans pour embaucher les 80 personnes manquantes, le AI Act devant pleinement être mis en œuvre en 2026.
Le recrutement se fait « par lots » afin que la Commission puisse répondre à ses besoins au fur et à mesure qu’ils apparaissent, a-t-il ajouté.
Le Bureau travaillera également avec des contractants externes dans le cadre du budget du programme pour une Europe numérique, a précisé le fonctionnaire.
La Commission n’a pas exclu la possibilité que l’eurodéputé roumain Dragoș Tudorache (Renew) joue un rôle au sein du Bureau.
M. Tudorache était rapporteur sur le AI Act et selon de nombreuses rumeurs, il chercherait à diriger l’organisme nouvellement établi.
L’unité la plus importante sera peut-être l’unité A2, dirigée par Killian Gross. Celle-ci sera chargée de la règlementation et de la conformité et coordonnera « l’approche règlementaire visant à faciliter l’application uniforme et la mise en œuvre de la législation sur l’IA » et contribuera aux enquêtes et aux décisions en matière de sanctions, selon un communiqué de presse.
Les changements les plus importants dans la structure concernent l’unité A3, qui sera réaffectée à la sécurité de l’IA à partir de la microélectronique et de la photonique, et l’unité A4, qui sera responsable de l’innovation A4 et de la coordination des politiques, par opposition à ses tâches précédentes sur la transformation numérique et les écosystèmes industriels.
L’unité A3 n’a actuellement pas de chef, a indiqué le fonctionnaire interrogé.
Une nouvelle unité sera créée : l’unité A5, intitulée « AI for Societal Good » (l’IA au service de la société) et dirigée par Martin Bailey.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]