L’UE déplore la décision des États-Unis de réduire ses livraisons d’armes à l’Ukraine
Si les États-Unis laissent un vide dans le soutien occidental à l’Ukraine, l’UE « devra le combler », a déclaré la Première ministre danoise.
La décision du président américain Donald Trump de réduire les livraisons d’armes à l’Ukraine constitue un « sérieux revers » pour Kiev et la sécurité européenne, ont estimé jeudi les dirigeants de l’Union européenne.
La Première ministre danoise Mette Fredefriksen et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont exhorté leurs homologues à augmenter les dépenses de défense et le soutien militaire à l’Ukraine.
Ces déclarations interviennent après la suspension brutale par Washington cette semaine de la livraison de systèmes d’armes sophistiqués au pays en guerre, ce qui a conduit Kiev à convoquer le chargé d’affaires américain au ministère ukrainien des Affaires étrangères.
« Si les États-Unis décident de ne pas fournir à l’Ukraine ce dont elle a besoin, ce serait un sérieux revers pour l’Ukraine, pour l’Europe et pour l’OTAN », a estimé Mette Frederiksen, dont le pays a pris la présidence tournante du Conseil de l’UE au début du mois.
« Nous examinerons les décisions prises à Washington. Nous espérons que le partenariat transatlantique, en ce qui concerne l’Ukraine, restera en place. C’est important pour nous tous. [Mais] s’il y a des lacunes, je pense que nous devrons les combler », a-t-elle poursuivi.
Les propos de Mette Frederiksen ont été repris par Ursula von der Leyen, qui a exhorté les gouvernements de l’UE à utiliser l’instrument SAFE, un programme de prêts pour financer des projets militaires communs récemment adopté.
« Les États membres peuvent utiliser cet argent [provenant de SAFE] pour acheter du matériel militaire et le donner à l’Ukraine, ou ils peuvent l’investir dans l’industrie de défense ukrainienne, qui est extrêmement efficace », a expliqué Ursula von der Leyen.
« Notre famille européenne »
Les deux femmes ont également déclaré que la sécurité européenne serait renforcée par le paquet « omnibus » de l’UE en matière de défense, qui vise à stimuler les investissements militaires en allégeant les règlementations applicables aux entreprises de défense et aux institutions financières dans toute l’Union.
Elles ont également déclaré que l’UE devrait accélérer ses efforts pour adopter son 18e paquet de sanctions contre Moscou, actuellement bloqué par la Slovaquie et la Hongrie, qui craignent de perdre l’accès à l’énergie russe bon marché.
Toutes deux ont également réitéré leur appel en faveur de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, une initiative qui est également bloquée par la Hongrie.
Mette Frederiksen a ensuite évoqué la présence symbolique du président ukrainien Volodymyr Zelensky à Aarhus jeudi.
« L’Ukraine fait partie de notre famille européenne, et il est très important pour nous que le président Zelensky ait pu se joindre à nous ici aujourd’hui à Aarhus », a-t-elle déclaré. « Notre famille européenne ne serait pas complète sans sa présence. »
Le Financial Times rapportait jeudi que les présidents américain et ukrainien s’entretiendraient vendredi par téléphone pour discuter de la décision américaine et d’éventuelles livraisons d’armes à Kiev. Donald Trump s’est entretenu ce jeudi avec Vladimir Poutine.
En février, les États-Unis avaient brièvement suspendu leurs ventes d’armes et le partage de renseignements avec l’Ukraine après une confrontation entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump dans le Bureau ovale.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]