L’UE envisage de nouvelles sanctions après les atrocités commises par les forces russes près de Kiev

L’UE a annoncé lundi (4 avril) qu’elle examinait d’urgence une nouvelle série de sanctions à l’encontre de la Russie après avoir condamné les « atrocités » rapportées dans les villes ukrainiennes occupées par les troupes russes.

EURACTIV.com
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L’UE « fera avancer, de toute urgence, les discussions sur de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie », a déclaré Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union, dans un communiqué publié au nom du bloc. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

L’Union européenne a annoncé lundi (4 avril) qu’elle examinait d’urgence une nouvelle série de sanctions à l’encontre de la Russie après avoir condamné les « atrocités » rapportées dans les villes ukrainiennes occupées par les troupes russes.

L’UE « fera avancer, de toute urgence, les discussions sur de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie », a déclaré Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union, dans un communiqué publié au nom du bloc.

« Nous sommes pleinement solidaires avec l’Ukraine et le peuple ukrainien en ces heures sombres pour le monde entier », a-t-il ajouté.

Les appels en faveur d’une nouvelle série de sanctions destinées à affaiblir l’économie russe ont été lancés après que le monde a découvert les images de centaines de corps, certains ligotés et abattus à bout portant, dans des villes proches de Kiev. Ces images pourraient bien être celles de crimes de guerre. Les macabres découvertes ont été faites après que les forces du Kremlin se sont retirées des villes ces derniers jours.

Dans son communiqué, M. Borrel a écrit que l’UE « condamne avec la plus grande fermeté » les atrocités signalées dans les villes ukrainiennes, notamment dans la ville de Boutcha.

« Les massacres perpétrés dans la ville de Boutcha ainsi que dans d’autres villes ukrainiennes seront inscrits sur la liste des atrocités commises sur le sol européen », a ajouté le chef de la diplomatie européenne.

Il a poursuivi en disant que « les autorités russes sont responsables de ces atrocités, commises alors qu’elles avaient le contrôle effectif de la zone ».

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE pourraient être prêts à approuver un cinquième train de sanctions lorsqu’ils se rencontreront pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN mercredi et jeudi de cette semaine (6 et 7 avril) ou lors de leur réunion ordinaire qui aura lieu lundi prochain (11 avril) à Luxembourg.

Plus tôt dans la journée de dimanche, les dirigeants européens ont menacé de durcir les sanctions en réponse aux atrocités rapportées durant le week-end.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est dit « choqué par les images obsédantes des atrocités commises par l’armée russe ».

« De nouvelles sanctions et un soutien de l’UE sont en route », a-t-il également indiqué dans sa publication Twitter.

La Commission européenne pourrait présenter dès mercredi une proposition pour un cinquième paquet de sanctions contre Moscou. Ces sanctions viseraient principalement à combler les lacunes des quatre paquets de mesures punitives précédents, ont confirmé plusieurs diplomates européens.

Les nouvelles mesures pourraient inclure l’ajout d’un plus grand nombre d’oligarques sur la liste noire de l’UE, l’interdiction pour les navires russes d’utiliser les ports de l’UE, et potentiellement davantage de restrictions à l’exportation ainsi que de nouveaux embargos sur le charbon, le pétrole ou encore le gaz.

« Toutefois, il est devenu plus qu’évident que Boutcha a de nouveau créé un élan et une volonté de renforcer encore notre détermination en matière de sanctions », a déclaré un diplomate européen.

Samedi 2 avril, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie ont annoncé qu’elles n’importeraient plus de gaz russe pour répondre à leurs besoins domestiques, devenant ainsi les premiers États de l’UE à s’affranchir des approvisionnements russes.

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a demandé la tenue d’un sommet spécial de l’UE cette semaine, mais cette proposition n’a pas abouti.

L’Allemagne reste toutefois le pivot des discussions sur la portée du nouveau régime de sanctions, en particulier lorsqu’il s’agit de cibler l’approvisionnement énergétique russe.

L’Italie et l’Allemagne font partie des États membres de l’UE les plus dépendants du gaz russe.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a promis dimanche d’« intensifier les sanctions contre la Russie et de soutenir encore davantage la défense de l’Ukraine ». La ministre de la Défense du pays, Christiane Lambrecht, a quant à elle indiqué que l’UE devait discuter de l’interdiction de l’importation de gaz russe à la lumière des atrocités qui ont été signalées.

« Nous déciderons de nouvelles mesures dans le cercle des alliés dans les prochains jours », a déclaré dimanche le chancelier allemand Olaf Scholz, ajoutant que « Poutine et ses partisans en ressentiront les effets ».

M. Scholz n’a toutefois pas précisé si cela signifiait que Berlin était prêt à renoncer à son blocage des sanctions énergétiques.

Dès lundi, plusieurs États membres ont contacté leurs représentants en Allemagne pour savoir si Berlin était prêt à appliquer des sanctions sur le charbon comme consensus minimal, a confirmé un diplomate européen.

Pour sa part, le président français Emmanuel Macron a déclaré qu’il serait « favorable à un nouveau train de sanctions, en particulier sur le charbon et le pétrole, dont on sait qu’ils sont particulièrement douloureux ». « Je pense qu’on ne peut pas laisser passer », a-t-il également ajouté.