L’UE réfléchit à une levée progressive des sanctions contre la Syrie

Alors que certains États membres restent prudents à l’égard du nouveau gouvernement syrien, les ministres européens des Affaires étrangères envisagent de lever progressivement les sanctions imposées par l’Union européenne en échange de garanties des dirigeants de Damas.

EURACTIV.com
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Sunset near the Syrian-Turkish border, in the village of Deirbalout, northwest of Syria, on July 6, 2023 (Photo by Rami Alsayed/NurPhoto via Getty Images) [Rami Alsayed/NurPhoto via Getty Images]

BRUXELLES — Certains États de l’Union européenne (UE) restent prudents à l’égard du nouveau gouvernement syrien, mais les ministres européens des Affaires étrangères envisagent de lever progressivement les sanctions imposées par Bruxelles, en échange de garanties des dirigeants de Damas.

La Syrie faisait l’objet de lourdes sanctions sous le régime de l’ancien dictateur Bachar el-Assad, et à la suite de la guerre civile qui a éclaté en 2011. Aujourd’hui, les nouveaux dirigeants syriens du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS) font pression pour que ces dernières soient levées.

Cette décision nécessiterait l’approbation unanime des États de l’UE. De nombreuses capitales préfèrent cependant attendre de voir quelle politique le gouvernement syrien compte mener. Selon un diplomate de l’UE, il est donc nécessaire de rester au contact de Damas.

Si des progrès tangibles sont constatés, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, avait déclaré le 10 janvier que les sanctions européenne pourraient être progressivement assouplies.

Les ministres des Affaires étrangères du Quint — composé des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie, avec la participation de l’UE— s’étaient la veille réunis à Rome pour discuter des prochaines étapes des relations diplomatiques avec la Syrie.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, s’est rendu vendredi à Damas pour encourager une transition en douceur, à l’instar de ses homologues français et allemand avant lui.

Une proposition sera faite dans la semaine

Kaja Kallas devrait présenter une proposition concrète à Bruxelles la semaine prochaine, sur la base de la visite franco-allemande en Syrie. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient ensuite à la fin du mois discuter de cette proposition.

De plus en plus d’États membres sont prêts à examiner quelles sanctions pourraient être progressivement levées, en vue d’encourager les réfugiés syriens présents sur le continent à rentrer dans leur pays d’origine.

« Ce n’est pas parce que nous aimons le HTS que nous voulons lever les sanctions, mais parce que nous voulons créer les conditions pour que les gens rentrent », a indiqué un second diplomate européen.

Les États membres sont toutefois divisées sur l’approche qu’il convient d’adopter avec la Syrie. L’Allemagne, la France, l’Italie et l’Autriche ont présenté leurs priorités dans des documents de synthèse.

Berlin et Paris font pression pour une levée progressive des sanctions économiques. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné que les mesures actuelles entravaient l’acheminement de l’aide humanitaire et, par conséquent, la reconstruction du pays.

Le plan allemand pour les sanctions

Selon la dernière proposition allemande du 7 janvier, les sanctions économiques pourraient être levées en trois étapes, en échange de la promesse des autorités syriennes de protéger les minorités du pays.

Un assouplissement progressif pourrait être envisagé dans les domaines qui profitent directement aux citoyens et qui contribuent au redressement du pays. Les actuelles dérogations humanitaires devraient par ailleurs être prolongées jusqu’en décembre 2025.

D’autres mesures comme les sanctions à l’encontre des membres du régime d’Assad et de leurs partisans, et l’embargo sur les armes, seront toutefois maintenues.

La proposition de Berlin ne mentionne pas les sanctions imposées par l’UE dans le secteur de l’énergie, mais comprend « un mécanisme léger et sûr de retour en arrière » en cas de détérioration de la situation politique.