L’Ukraine boycottera la prochaine réunion de l’OSCE à Vienne

Kiev boycottera la réunion de l’OSCE à Vienne en raison de la participation de la Russie. Les députés ukrainiens craignent un « blanchiment » des crimes de guerre russes et Volodymyr Zelensky demande le report de la réunion, celle-ci étant fixée au 24 février, date du début de l’invasion russe.

EURACTIV Allemagne
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Le parlement ukrainien n’enverra pas de représentants à la session d’hiver de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE — qui aura lieu les 23 et 24 février au siège de l’organisation à Vienne — a indiqué mardi le président du parlement ukrainien, Ruslan Stefantschuk. [SHUTTERSTOCK/Vitalii Vodolazskyi]

Kiev boycottera la réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui se tiendra à Vienne en raison de la participation de la Russie. Les députés ukrainiens craignent un « blanchiment » des crimes de guerre russes et le président Volodymyr Zelensky demande le report de la réunion, celle-ci étant fixée au 24 février, date du début de l’invasion russe en Ukraine.

Le parlement ukrainien n’enverra pas de représentants à la session d’hiver de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE — qui aura lieu les 23 et 24 février au siège de l’organisation à Vienne — a indiqué mardi (14 février) sur Twitter le président du parlement ukrainien (Verkhovna Rada), Ruslan Stefantschuk.

« Nous avons appris que les autorités autrichiennes sont disposées à octroyer des visas aux membres de la délégation russe », a écrit le chef de la délégation ukrainienne, Mykyta Poturayev, à la présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, Margareta Cederfelt, dans une lettre obtenue par l’APA.

M. Poturayev a expliqué que l’Ukraine ne pourra pas participer à cette session en raison de la présence de la délégation russe. Il réclame un report de la réunion et mentionne un soutien d’autres membres, sans toutefois citer de noms.

M. Poturayev s’est dit convaincu que la délégation russe utiliserait l’événement pour « justifier l’agression contre l’Ukraine » et « blanchir les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis contre les Ukrainiens ».

« Tout cela portera atteinte à l’intégrité de l’Assemblée parlementaire et compromettra la position claire qu’elle a affichée sur l’agression russe depuis 2014 », a-t-il souligné, rapporte l’APA.

Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, a défendu la participation des diplomates russes à la réunion après que des députés de 20 pays de l’organisation ont exhorté le gouvernement à interdire leur présence.

Même si chaque relation et chaque conversation avec la Russie sera difficile, « nous devons maintenir le dialogue », a-t-il expliqué, « parce qu’à un moment donné, espérons-le, on redonnera de l’espace à la diplomatie ».

En outre, bien qu’il regrette la date de cette réunion, une coïncidence « très malheureuse », il a fait remarquer que Vienne doit permettre à tous les délégués de tous les États participants d’entrer dans le pays en raison du droit international.

Parmi les pays qui ont demandé à l’Autriche d’empêcher les responsables russes d’entrer sur son territoire, on retrouve notamment la Lituanie, qui a même menacé de boycotter la réunion si l’Autriche ne tenait même pas compte de cet appel.

« Notre délégation ne pourra probablement pas aller là-bas et s’asseoir dans la même pièce que les personnes qui devraient se tenir devant un tribunal militaire spécial parce que ces personnes sont directement responsables de la guerre », a confié Vilija Aleknaitė-Abramikienė, cheffe de la délégation lituanienne, aux journalistes au parlement lituanien vendredi dernier, selon LRT.

La Russie a posé de nombreux problèmes à l’OSCE au cours des 18 derniers mois, car elle n’a pas donné son accord sur des questions essentielles, notamment les budgets et les mandats. Cette situation a plongé l’organisation dans une impasse administrative, entraînant une incertitude quant aux opérations et présidences futures.

L’OSCE ne dispose d’aucun mécanisme permettant de révoquer ou d’interdire la participation de membres. Par conséquent, toute mesure visant à empêcher la participation de la Russie devrait vraisemblablement être liée à des reports ou à des refus de délivrer des visas.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]