L’Ukraine est autorisée à utiliser des armes occidentales contre des cibles en Russie, affirme Friedrich Merz

Selon le chancelier allemand, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis auraient levé les restrictions imposées à l’Ukraine sur l’utilisation d’armes occidentales contre des cibles militaires situées sur le territoire russe.

EURACTIV.com
Prime Minister Keir Starmer Visits Ukraine
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz à bord d'un train à destination de Kiev, le 9 mai 2025. [Getty Images/Stefan Rousseau_WPA]

Selon le chancelier allemand Friedrich Merz, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis auraient levé les restrictions imposées à l’Ukraine sur l’utilisation d’armes occidentales contre des cibles militaires situées sur le territoire russe.

Friedrich Merz a déclaré lundi 26 mai lors d’une interview sur la chaîne publique allemande WDR qu’il n’y avait « plus aucune restriction sur la portée des armes livrées à l’Ukraine, que ce soit par les Britanniques, les Français, les Américains ou [les Allemands] ».

« Jusqu’à récemment, elle ne pouvait pas [frapper des cibles en Russie], et jusqu’à récemment, à quelques exceptions près, elle ne le faisait pas, mais maintenant elle le peut », a-t-il précisé.

Son prédécesseur, le social-démocrate Olaf Scholz, qui a quitté ses fonctions de chancelier au début du mois, avait refusé de lever complètement les restrictions sur la portée des armes allemandes. L’Ukraine n’était alors autorisée à utiliser les armes allemandes que pour frapper des cibles militaires russes afin de défendre la ville de Kharkiv. Deux systèmes d’armes allemands pouvaient être déployés pour de telles attaques : l’obusier Panzerhaubitze 2000 et le lance-roquettes multiple Mars II.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont livré des missiles à longue portée à l’Ukraine, qui pourraient désormais être utilisés sans restrictions, si l’on en croit Friedrich Merz.

Lors de l’interview lundi, il a expliqué que ces questions avaient fait l’objet de discussions « intenses ».

« C’est également la raison pour laquelle je me suis rendu à Kiev avec [Keir] Stamer, [Emmanuel] Macron et [Donald] Tusk lors du premier week-end de mon mandat », a-t-il ajouté.

La levée de la restriction a pour objectif de faire « tout ce qui est en notre pouvoir » pour permettre à l’Ukraine de se défendre, explique le chancelier.

Il n’a pas précisé si cette mesure inclurait la livraison de missiles de croisière à longue portée allemands à l’Ukraine. Lorsqu’il était dans l’opposition, Friedrich Merz, membre de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), avait demandé à plusieurs reprises au gouvernement d’Olaf Scholz de fournir à Kiev des missiles Taurus de fabrication germano-suédoise.

Les missiles Taurus ont une portée d’environ 500 kilomètres, ce qui permet à l’Ukraine de frapper des cibles situées loin derrière les frontières russes.

De minces espoirs de paix

Lors de cette même interview, Friedrich Merz a aussi abordé les espoirs de résolution du conflit qui oppose Kiev et Moscou.

Il a déclaré que le président russe Vladimir Poutine ne semblait pas disposé à mettre fin à la guerre et que les espoirs d’une paix imminente étaient illusoires.

« Si même une proposition de rencontre au Vatican ne reçoit pas son accord, nous devons nous préparer à ce que cette guerre dure plus longtemps que nous ne le souhaitons ou ne l’imaginons », a-t-il averti.

Depuis son arrivée à la chancellerie début mai, Friedrich Merz a multiplié les efforts diplomatiques pour obtenir un cessez-le-feu en Ukraine, en coordination avec les dirigeants britannique, polonais et français. Toutefois, malgré la menace de sanctions renforcées, Moscou n’a pas fléchi, et le président américain Donald Trump semble réticent à accentuer la pression ou à coordonner son action avec les Européens.

« Après les trois dernières semaines, […] personne ne peut sérieusement nous accuser de ne pas avoir épuisé tous les moyens diplomatiques à notre disposition », a noté le chancelier.

La Russie a jusqu’à présent répondu « à toutes les tentatives de dialogue » en redoublant d’efforts dans sa guerre, a-t-il ajouté, soulignant que cela avait également rendu Donald Trump « de plus en plus désabusé à l’égard de [Vladimir] Poutine ».

Le président américain avait auparavant nourri l’espoir de mettre fin à la guerre dans les premiers mois de son second mandat, mais il est de plus en plus exaspéré par l’absence de progrès.

Après une attaque de drones russes survenue dimanche 25 mai dans la soirée, il a par ailleurs accusé Vladimir Poutine — avec qui il disait entretenir autrefois « d’excellentes relations » — d’être désormais « devenu complètement fou ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]