Maire de Vienne : l'UE ignore les droits issus du traité de Lisbonne pour les régions

Les administrations nationales et la Commission européenne ignorent le nouveau droit des régions de contribuer à l'élaboration des décisions de l'UE, comme le prévoit le traité de Lisbonne, a déclaré lors d'un entretien avec EURACTIV le maire de Vienne Michael Häupl.

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Les administrations nationales et la Commission européenne ignorent le nouveau droit des régions de contribuer à l'élaboration des décisions de l'UE, comme le prévoit le traité de Lisbonne, a déclaré lors d'un entretien avec EURACTIV le maire de Vienne Michael Häupl.

M. Häupl, social démocrate à la tête de Vienne depuis 1994, est également président du Conseil des communes et régions européennes (CCRE), une fonction dans laquelle il a été élu en 2004, succédant à l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing.

Se confiant à EURACTIV avant une rencontre à Bruxelles avec le commissaire à la Politique régionale Johannes Hahn, lui aussi originaire de Vienne, M. Häupl a affirmé que nombre d'administrations nationales ne parvenaient pas à faire vivre l'esprit du traité de Lisbonne.

Le traité, a-t-il souligné, a été élaboré pour renforcer l'apport démocratique des parlements nationaux et régionaux dans le processus décisionnel de l'UE, via le principe de subsidiarité (voir 'Contexte').

Mais, résultat des intransigeances nationales, il a affirmé que les régions puissantes comme celle de Vienne perdaient du terrain et devaient commencer à faire entendre leurs voix, en faisant pression sur les gouvernements nationaux pour que ces changements soient pleinement reconnus.

M. Häupl a déclaré qu'il envisageait de mobiliser les membres du CCRE dans les prochains mois pour obtenir une pleine reconnaissance des droits des régions dans le cadre du traité de Lisbonne.

Le CCRE est la plus importante organisation de gouvernements régionaux et locaux en Europe, rassemblant plus de 50 associations nationales de villes, de municipalités et de régions de 38 pays. Ensemble, ces associations représentent environ 100 000 autorités régionales et locales.

La Commission ignore t-elle la subsidiarité ?

Selon le maire de Vienne, la Commission européenne ne parvient pas non plus à rendre réel ses promesses sur la subsidiarité.

Dans son programme de travail récemment publié (EURACTIV 01/04/10) et son projet de stratégie Europe 2020 pour la croissance et l'emploi, il n'y a aucune mention de la subsidiarité, a affirmé M. Häupl, ajoutant que la Commission ignorait quelque peu le rôle des villes et des régions dans son travail en continu.

Je pense que la Commission n'a pas réalisé ce que ce nouveau traité apporte réellement pour les villes et régions, a-t-il dit.

Reconnaître le rôle des villes

En ce qui concerne le débat sur la future réforme de la politique régionale actuellement en cours à Bruxelles et au-delà, M. Häupl est en faveur d'allouer un certain pourcentage des fonds régionaux de l'UE pour des objectifs généraux, comme le développement urbain durable, l'innovation et la R&D verte.

 Il a aussi expliqué qu'il était possible au niveau des villes de mesurer précisément quels fonds de l'UE sont un succès, et il a appelé l'UE à introduire des évaluations plus strictes afin d'analyser les résultats des objectifs de financement régionaux.

Nous souhaitons que la dimension urbaine se voit attribuer une attention suffisante dans tous les mécanismes de financement sectoriels pertinents, a-t-il conclu.

Hahn est l'homme de la situation

Enfin, le maire de Vienne a soutenu son compatriote M. Hahn pour qu'il réalise du bon boulot au service des régions, bien qu'il se situe à l'opposé du clivage politique gauche-droite.

M. Häupl ne croit pas que M. Hahn va trop se concentrer sur les villes, comme le chuchote des acteurs régionaux à Bruxelles.

Vienne, en plus d'être une grande ville, est également une région, a-t-il souligné, ce qui a donné à M. Hahn le profil d'un très bon citoyen urbain avec de fortes connaissances en matière de structures régionales européennes.