Malgré la crise, l’Allemagne parie sur 80 milliards d’euros d’investissements
Dans un contexte de ralentissement économique qui fait craindre un mouvement de désindustrialisation à l'échelle du pays, le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, se voulant rassurant, a déclaré qu’environ 80 milliards d’euros d’investissements étaient prévus sur le territoire.
Dans un contexte de ralentissement économique qui fait craindre un mouvement de désindustrialisation à l’échelle du pays, le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, se voulant rassurant, a déclaré qu’environ 80 milliards d’euros d’investissements étaient prévus sur le territoire.
Malgré le contexte économique maussade en Allemagne, Robert Habeck s’est efforcé d’être rassurant, soulignant que des investissements majeurs étaient en cours.
« Actuellement, environ deux douzaines d’entreprises prévoient des investissements majeurs en Allemagne, pour un volume d’investissement total d’environ 80 milliards d’euros », a déclaré le ministre écologiste au Funke Media Group ce mardi (8 août).
Selon M. Habeck, ce montant comprend également des investissements privés prévus auparavant mais qui n’avaient pas été rendus publics jusqu’à présent.
« De l’industrie pharmaceutique à la production de piles, de l’industrie des semi-conducteurs à la production d’hydrogène, nous avons créé un écosystème diversifié avec une grande volonté d’investir, qui portera clairement ses fruits dans les années à venir et contribuera à relancer la prospérité », a affirmé M. Habeck.
« Ils veulent investir ici et créeront de la valeur et des emplois », a-t-il poursuivi.
L’économie allemande a été particulièrement touchée par la guerre en Ukraine qui a débuté en février 2022 et elle connaît actuellement un ralentissement dû à l’inflation et aux prix élevés de l’énergie. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’Allemagne devrait être la seule grande économie dont le PIB devrait diminuer en 2023.
Les derniers chiffres de l’Office fédéral des statistiques (Statistisches Bundesamt) donnent des perspectives assez sombres de la situation économique du pays, la production industrielle ayant chuté de 1,5 % en juin par rapport au mois de mai, selon un rapport publié lundi (7 août).
Toutefois, M. Habeck a tenté de tempérer ces inquiétudes, déclarant que l’Allemagne devrait se montrer plus « confiante » dans ses capacités.
Selon des sources gouvernementales allemandes, l’un des principaux investisseurs privés dans le pays serait TSMC, l’un des leaders de la fabrication de semi-conducteurs. Le fabricant taïwanais a annoncé mardi (8 août) qu’il investira 10 milliards d’euros en Saxe pour la création d’une nouvelle usine de semi-conducteurs. Le gouvernement de Berlin devrait subventionner l’usine à hauteur de 5 milliards d’euros.
L’annonce a également été saluée par la France, le ministre du Commerce Olivier Becht ayant déclaré mardi que « c’est une bonne nouvelle que l’Allemagne soit attractive », mais que cette attractivité était « d’abord européenne ».
« Quand on choisit un pays européen, on choisit avant tout l’Europe », a-t-il répondu à la question d’EURACTIV.
Plusieurs fabricants de semi-conducteurs ont récemment annoncé d’importants investissements en Allemagne en échange de généreuses subventions. En juin, Intel a annoncé qu’il investirait 30 milliards d’euros à Magdebourg en échange de 10 milliards d’euros d’aides d’État, et le fabricant américain de puces Wolfspeed prévoit d’investir 3 milliards d’euros en échange de 500 millions d’euros d’aides d’État.
Le parti Alliance 90/Les Verts, dont est membre M. Habeck, travaille actuellement sur un nouveau programme d’investissement public d’une valeur de 30 milliards d’euros afin de stimuler « la croissance durable, la prospérité et la compétitivité de l’Allemagne en tant que lieu d’implantation d’entreprises », selon un projet de document consulté par le Redaktionsnetzwerk Deutschland.
Toutefois, il n’est pas certain que le partenaire de coalition libéral des Verts, le Parti libéral-démocrate (FDP), soutienne une telle initiative.
« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce ne sont pas des plans de relance à court terme, mais une approche stratégique qui inclut la réduction de la charge bureaucratique, la baisse des impôts et l’augmentation des investissements privés », a déclaré le secrétaire général du FDP, Bijan Djir-Sarai, au Funke Media Group.
Théo Bourgery-Gonse a contribué à la rédaction de cet article.