Marine Le Pen veut un duel avec le camp centriste lors de la présidentielle de 2027

Le Pen craint que la division des centristes n'aide Jean-Luc Mélenchon à se qualifier pour le second tour, ce qui pourrait entraîner un vote tactique anti-Le Pen

EURACTIV.com
[Photo : Tom Nicholson/Getty Images]

Marine Le Pen préférerait affronter un candidat du centre français plutôt que le vétéran de l’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon lors du second tourde l’élection présidentielle, a-t-elle déclaré mardi, soulignant ainsi la manière dont elle envisage le défi qui l’attend.

« Je souhaite un second tour face au bloc central », a affirmé la politicienne de 57 ans lors d’un entretien avec l’AFP.

Le Pen, deux fois battue au second tour des élections présidentielles, cherche depuis longtemps à élargir son audience au-delà de la base d’extrême droite. Un duel contre le centre politique offrirait ce qu’elle appelle un « scrutin de choix » entre des visions concurrentes du gouvernement, tandis qu’un duel avec Mélenchon pourrait au contraire conduire à un vote tactique anti-Le Pen.

Ce calcul électoral met en évidence les inquiétudes au sein du Rassemblement national de Le Pen quant à la solidité de la base électorale de Mélenchon. Si le camp modéré français reste numériquement plus important, il est divisé entre plusieurs candidats potentiels. Si ces voix se dispersent, le chef de file de La France Insoumise pourrait tout de même atteindre le second tour.

Il y a un « risque que Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur un socle qui est plus fiable que le bloc central », a-t-elle indiqué, soulignant que les centristes comptaient déjà plus de 15 candidats potentiels dans les starting-blocks. Le président Emmanuel Macron ne pourra pas briguer un nouveau mandat en 2027 et aucun successeur clair ne s’est encore dégagé. Marine Le Pen a désigné Édouard Philippe comme son adversaire préféré.

Il est « issu de la droite, ancien Premier ministre macroniste », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’« il plaît à la gauche, en tout cas il ne la dérange pas ».

Un sondage Elabe réalisé en mars indiquait que Philippe serait le seul candidat centriste capable de battre un rival du RN au second tour, en s’appuyant sur le soutien des électeurs pro-Macron, des conservateurs et de certains électeurs de gauche.

Mélenchon reste compétitif, bien qu’il n’ait pas officiellement lancé sa campagne, avec un score supérieur à 10 % dans les sondages. Certains centristes craignent qu’il ne prenne de l’élan, porté par le soutien des jeunes électeurs urbains et les divisions au sein de la gauche sur la guerre à Gaza.

Pour l’instant toutefois, l’extrême droite reste en tête. Le même sondage donne un candidat du RN (Marine Le Pen ou son bras droit Jordan Bardella) à plus de 31 % des intentions de vote au premier tour.

L’identité de ce candidat reste incertaine. Une cour d’appel doit se prononcer en juillet sur l’éligibilité de Marine Le Pen, condamnée l’année dernière pour détournement de fonds européens. « Si les juges ne m’en empêchent pas, je serai candidate », a déclaré Marine Le Pen.

(ow)