Matteo Salvini : la France « refoule » les migrants et « garde les terroristes » italiens

La France renvoie les migrants mais « garde les terroristes » italiens, a déclaré le vice-premier ministre italien Matteo Salvini (Ligue/ID) après qu’une juridiction française a refusé d’extrader vers l’Italie 10 anciens terroristes du groupe des Brigades rouges.

EURACTIV Italie
League party leader Salvini press conference on the regional elections outcome
« C’est une honte. [La France] nous rejette des enfants à la frontière de Vintimille, dans les bois, et garde des terroristes qui devraient être en prison en Italie », a déclaré M. Salvini. [EPA-EFE/MATTEO BAZZI]

La France renvoie les migrants mais « garde les terroristes » italiens, a déclaré le vice-premier ministre italien Matteo Salvini (Ligue/ID) après qu’une juridiction française a refusé d’extrader vers l’Italie 10 anciens terroristes du groupe des Brigades rouges. Un eurodéputé italien suggère aussi que les manifestations en France sont liées à l’immigration.

Mardi, la Cour de cassation française a refusé l’extradition de dix anciens membres des Brigades rouges italiennes qui se sont réfugiés en France, bien que condamnés par les juridictions italiennes à des peines plus ou moins lourdes, notamment la prison à vie, pour des crimes de sang.

« C’est une honte. [La France] refoule des enfants à la frontière de Vintimille, dans les bois, et garde des terroristes qui devraient être en prison en Italie », a déclaré M. Salvini. Le vice-premier ministre fait référence à la police française qui, selon lui, refoule systématiquement les migrants sans papiers qui tentent de franchir la frontière italienne à travers les bois ou en train, souvent dans le but rejoindre des membres de leur famille en France.

« Je demande à la France : que se serait-il passé si la même chose s’était produite en sens inverse avec les victimes du Bataclan ? », s’interroge Roberto Della Rocca, survivant des attaques des Brigades rouges et président de l’association nationale des victimes du terrorisme.

Cependant, la Cour française a justifié sa décision en défendant le droit à la vie privée et familiale ainsi que le droit à un procès équitable pour les anciens terroristes.

En juin dernier, lorsque le tribunal de première instance s’était prononcé sur la question, M. Macron avait déjà déclaré que « ces personnes, impliquées dans des crimes de sang, méritent d’être jugées en Italie ».

Les manifestations françaises liées à l’immigration ?

L’Italie se trouve au cœur d’une situation d’urgence migratoire : des zones d’urgence migratoire ne cessent de crouler. Cependant, la plupart des migrants qui débarquent dans la péninsule veulent se rendre dans d’autres pays européens, principalement la France et l’Allemagne.

Selon l’eurodéputé Vincenzo Sofo (Fratelli d’Italia/CRE), le phénomène migratoire en France, malgré les refus à la frontière italienne, est si grave qu’il a contribué à l’effondrement du système social du pays.

« Le système social français explose en grande partie parce qu’il est alourdi par les conséquences du phénomène migratoire, qui, associées aux politiques sans frontières, au droit du sol et au regroupement familial, ont augmenté de manière disproportionnée le nombre de ceux qui ont besoin de subventions et d’aides économiques de la part de l’État, qui atteignent des chiffres de plus de 20 milliards d’euros par an seulement pour les immigrés », a confié M. Sofo à EURACTIV Italie.

« La France est un excellent exemple du fait que l’État providence d’une nation ne peut exister sans contrôle des frontières, comme ils l’ont également compris au Danemark où cette question a été déterminante pour convaincre le gouvernement de gauche de resserrer son emprise sur l’immigration », a conclu l’eurodéputé, soutien de Giorgia Meloni.