Mauvaise qualité de l’air et problèmes respiratoires dans les villes de l’UE
Les Bulgares et les Roumains présentent les taux de mortalité liée à la pollution de l’air les plus élevés au monde. En Europe, peu de villes échappent aux polluants nocifs et les constats de l’Agence européenne pour l’environnement sont sans appel.
Les Bulgares et les Roumains présentent les taux de mortalité liée à la pollution de l’air les plus élevés au monde. En Europe, peu de villes échappent aux polluants nocifs et les constats de l’Agence européenne pour l’environnement sont sans appel.
Fumée, saleté, poussière, gaz d’échappement, rejets industriels… Ces phénomènes contamineraient de plus en plus l’air que nous respirons.
Près d’un tiers des citadins européens sont exposés à des concentrations excessives de polluants toxiques. Les premiers coupables sont les transports, l’énergie et l’agriculture.
Dans les zones urbaines européennes, les quantités de substances nocives pour l’homme, telles que le soufre, le dioxyde d’azote ou encore les « particules fines » dépassent les normes de santé internationales. Ce triste constat a été livré le 24 septembre par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).
Un bilan lourd
« En réalité, nous sacrifions notre santé pour des infrastructures inefficaces », estime la directrice exécutive de l’AEE Jacqueline McGlade.
Certaines quantités de polluants dans l’air sont préoccupantes. Le rapport 2012 de l’AEE sur la qualité de l’air en Europe révèle qu’en plus des niveaux élevés de particules, 17% des citadins sont exposés à des niveaux élevés d’ozone, ce cocktail de polluants au sol à l’origine des fameux « nuages de pollution ».
Si les liens entre mauvaise qualité de l’air et problèmes respiratoires ne sont plus à prouver, certaines études affirment que la pollution entraîne près de 500 000 décès par an au sein de l’UE (soit 0,1% de la population de l’Union). L’AEE estime toutefois que la transition vers les véhicules électriques et d’autres mesures anti-pollution pourrait faire chuter ce nombre à 230 000 d’ici 2020.
La toxicité de l’air affecte également la végétation, les sols, l’eau et même les bâtiments, selon certains experts. Les économies nationales ne sont pas épargnées, explique Mme McGlade : 630 milliards en soins de santé, 169 milliards d’euros de productivité perdue, les chiffres sont lâchés.
Mauvais élèves : l’AEE compte les points
Selon la directrice de l’AEE, c’est l’inefficacité économique et l’échec de nombreux pays face à leurs objectifs contraignants en matière de réduction de la pollution qui est en cause.
De récentes études menées par l’agence estiment que certains États parmi les plus riches, dont l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, le Luxembourg et la Suède, dépassent les plafonds internationaux fixés pour les principales sources de pollution.
La Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie caracolent quant à eux en tête des Européens émettant le plus de soufre. En cause : des économies encore fortement dépendantes du charbon et de méthodes industrielles anciennes.
« Les États membres ont insisté pour obtenir une certaine flexibilité pour la mise en œuvre de la réglementation sur la qualité de l’air », a avoué Janez Poto?nik, commissaire européen à l’Environnement. Reconnaissant que certains gouvernements ne prenaient aucune mesure face aux infractions, il a indiqué que la Commission était en train de lancer des procédures pour non-respect des règles.
Un tableau pas tout à fait noir
L’étude de l’AEE souligne toutefois les progrès enregistrés en Europe : l’UE est bien parvenue à réduire de manière significative certains niveaux de polluants atmosphériques dans les dernières décennies.
Les niveaux de dioxyde de soufre, une substance extrêmement nocive pour l’homme, ont chuté de 82% depuis 1990 grâce au renforcement des obligations en matière de rejets industriels.
Chute notable également des émissions de monoxyde de carbone (62%), de méthane (56%), d’oxyde d’azote (47%) ou encore d’ammoniac (28%). Depuis 2000, les émissions de particules fines ont quant à elles diminué de 15%.
Vers une simplification de la réglementation européenne?
Une directive de 2008 vise à harmoniser et renforcer la réglementation européenne en matière de normes de pollution atmosphérique. Elle impose aux États une réduction de la concentration de particules fines de 20% en moyenne d’ici 2020 par rapport à 2010.
Cette législation devrait être révisée d’ici 2013. Janez Potocnik espère rassembler les nombreuses réglementations en la matière en un seul et unique texte.
Les organismes de santé, de leur côté, exhortent la Commission européenne à garder les chiffres du rapport à l’esprit lorsqu’elle préparera les révisions de la directive. Le Bureau européen de l’environnement, une organisation militante, appelle à des règles plus sévères sur la pollution, conformément aux normes de l’Organisation mondial de la santé (OMS).
Reste à savoir si dans un contexte de crise où les économies se portent mal, les États n’y verront pas des freins aux politiques de relance de la croissance.