Mélenchon s'en prend à l'UE

Il a appelé à une Europe « débarrassée des principes mortifères du libéralisme »

EURACTIV.com
[Photo : Thierry NECTOUX/Gamma-Rapho via Getty Images]

Saint-Denis, FRANCE – Jean-Luc Mélenchon a pris pour cible l’Union européenne alors que le leader de l’extrême gauche française a lancé dimanche sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027.

« Les traités européens sont obsolètes », a-t-il déclaré devant une foule qui remplissait la place centrale de Saint-Denis, un bastion de gauche très peuplé au nord de Paris.

Mélenchon a accusé l’Europe d’avoir failli à ses obligations morales en matière de migration et de « complicité » avec le gouvernement israélien, faisant vraisemblablement référence à la guerre à Gaza.

Il a déclaré qu’il était temps pour la France de mettre un terme aux accords de libre-échange longuement négociés conclus par l’UE avec les pays sud-américains du Mercosur et l’Inde, et de refuser « l’économie de guerre ».

Mélenchon a également promis un « moratoire » sur toutes les lois qui, selon lui, vont à l’encontre de la volonté du peuple français, citant les règles de l’UE sur les travailleurs détachés et les importations de produits agricoles fabriqués à partir d’ingrédients interdits en France.

« Voyons aussi dans la profondeur de la crise de l’Union européenne une opportunité pour proposer enfin une Europe débarrassée des principes mortifères du libéralisme », a-t-il déclaré.

Mélenchon, qui a promis de réparer les « dégâts » de la politique intérieure du président libéral Emmanuel Macron, a également pris Washington pour cible.

Il a appelé à une « décolonisation numérique » vis-à-vis des États-Unis, ajoutant que le peuple français devait être pleinement souverain sur ses données et les nouveaux systèmes d’IA.

Le leader français d’extrême gauche a de bonnes chances de passer au second tour.

Selon un récent sondage publié par Le Parisien, il recueille actuellement environ 13 % des intentions de vote, se disputant la deuxième place au premier tour avec les candidats de centre-gauche et du centre.

Un succès de Mélenchon pourrait toutefois permettre au Rassemblement national (RN), le parti populiste de droite de Marine Le Pen et Jordan Bardella, de remporter le second et dernier tour, où seuls les deux candidats arrivés en tête s’affrontent.

Le RN recueille plus de 30 % des intentions de vote, loin devant tout autre concurrent, ce qui rend sa participation au second tour très probable, voire pratiquement certaine.

Pourtant, la foule qui a assisté au rassemblement du leader d’extrême gauche sous le soleil ne semblait pas découragée par les défis à venir.

« On va gagner, on va gagner », ont crié ses partisans avant le discours de Mélenchon, qui s’est achevé sur les notes de l’hymne national français – La Marseillaise – et du chant communiste traditionnel L’Internationale.

(bw)