Migrants à la frontière polono-biélorusse : une personne en danger de mort

Une personne au sein d'un groupe de migrants bloqués depuis plus de 15 jours à la frontière polono-biélorusse « est sur le point de mourir », a alerté mercredi une fondation polonaise sur place, appelant le gouvernement à l'aide.

Polish Belarusian border in Usnarz Gorny
Lundi (23 août), la Pologne a annoncé qu'elle allait ériger une « solide clôture » de barbelés à la frontière polono-biélorusse et y augmenter ses effectifs militaires. [<a href="https://webgate.epa.eu/webgate" target="_blank" rel="noopener">Artur Reszko/EPA</a>]

Une personne au sein d’un groupe de migrants bloqués depuis plus de 15 jours à la frontière polono-biélorusse « est sur le point de mourir », a alerté mercredi (25 août) une fondation polonaise sur place, appelant le gouvernement à l’aide.

Une trentaine de migrants, probablement des Afghans, restent coincés dans un campement de fortune à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, cette dernière refusant de les laisser entrer sur son territoire. Ils sont surveillés de près d’une part par les garde-frontières biélorusses et de l’autre par les forces polonaises.

« On craint pour la vie d’une femme de 52 ans », a déclaré à l’AFP Kalina Czarnog, porte-parole de la fondation Ocalenie (Secours en polonais).

Selon la fondation, la femme souffre de troubles respiratoires et néphrétiques. Plusieurs autres personnes souffrent d’autres maladies, selon elle.

Les activistes, qui se voient refuser un accès direct aux migrants, communiquent avec eux via des pancartes et des mégaphones, souvent brouillés par la police. Ils se plaignent de ne pas pouvoir leur fournir ni vivres ni équipements nécessaires pour tenir par un temps toujours plus froid et pluvieux.

« Notre appel est adressé au gouvernement parce que les décisions sont prises au plus haut niveau », a précisé Mme Czarnog.

Le gouvernement polonais maintient que les migrants se trouvent du côté biélorusse de la frontière, que la Biélorussie est la seule responsable de cette situation, et souligne qu’un convoi humanitaire dépêché par la Pologne sur un poste frontalier n’a pas été accepté par Minsk.

La Pologne déclare qu’elle n’autorisera pas les migrants à entrer sur son territoire ce qui, selon le Premier ministre Mateusz Morawiecki, serait céder au « chantage » de l’homme fort biélorusse Alexandre Loukachenko.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), ainsi que la Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, ont appelé la Pologne à accueillir le petit groupe de migrants.

« Repousser les gens, leur refuser l’accès à des procédures d’asile équitables ou simplement les laisser coincés dans une situation d’urgence humanitaire ne peut être la réponse d’un État membre du Conseil de l’Europe lié par la Convention européenne des droits de l’Homme, la Convention sur les réfugiés et d’autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme », a écrit mercredi (25 août) la Commissaire Dunja Mijatovic.

Lundi (23 août), la Pologne a annoncé qu’elle allait ériger une « solide clôture » de barbelés à la frontière polono-biélorusse et y augmenter ses effectifs militaires.