Migrants en Méditerranée : un début d’année 2023 marqué par un nombre record de décès

Les trois premiers mois de l’année 2023 ont été les plus meurtriers depuis 2017 pour les migrants qui tentent de traverser la Méditerranée, selon des données publiées par l’Organisation internationale pour les migrations.

Euractiv.com
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Le projet Missing Migrants de l’agence des Nations unies pour les migrations a documenté 441 décès de migrants en Méditerranée centrale entre janvier et mars 2023. [SHUTTERSTOCK/AlejandroCarnicero]

Les trois premiers mois de l’année 2023 ont été les plus meurtriers depuis 2017 pour les migrants qui tentent de traverser la Méditerranée, selon des données publiées mercredi (12 mars) par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le projet Missing Migrants de l’agence des Nations unies pour les migrations a documenté 441 décès de migrants en Méditerranée centrale entre janvier et mars 2023.

Par ailleurs, l’agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes, Frontex, a fait état de 54 000 passages irréguliers dans l’Union au cours du premier trimestre, soit un cinquième de plus qu’en 2022. Vingt-huit mille personnes sont arrivées dans l’UE par la Méditerranée centrale, soit trois fois plus que l’année dernière.

« La route de la Méditerranée centrale représente plus de la moitié de tous les passages irréguliers vers l’UE », a ajouté Frontex.

En début de semaine, le gouvernement de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a annoncé l’instauration de l’état d’urgence national en matière d’immigration après une forte augmentation du nombre de traversées de la Méditerranée. Cette mesure permettra à l’Italie de renvoyer les migrants plus rapidement, ce qui a été encouragé par la Commission européenne.

En effet, le mois dernier, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a exhorté les États membres à augmenter le nombre d’expulsions de demandeurs d’asile déboutés et à reconnaître mutuellement les accords de retour des migrants, dernière mesure en date visant à renforcer le contrôle des frontières de l’Union européenne.

La reconnaissance mutuelle des accords de retour dans l’ensemble de l’Union faciliterait grandement la rationalisation des retours, estime Mme Johansson. Toutefois, peu d’États membres ont recours à la reconnaissance mutuelle, bien que les règles existantes de l’Union l’autorisent.

« La crise humanitaire persistante en Méditerranée centrale est intolérable », a déclaré le directeur général de l’OIM, António Vitorino. « Avec plus de 20 000 décès enregistrés sur cette route depuis 2014, je crains que ces morts n’aient été normalisées. Les États doivent réagir. Les retards et les lacunes dans [les opérations de] recherche et sauvetage menés par les États coûtent des vies humaines », a-t-il ajouté.

Toutefois, des retards dans les opérations de sauvetage menées par les gouvernements et des entraves aux opérations des navires de recherche et de sauvetage (SAR) des ONG en Méditerranée centrale ont récemment été signalés, entraînant le naufrage de plusieurs embarcations transportant des dizaines de migrants.

Les députés européens devraient ouvrir dans les prochaines semaines les négociations interinstitutionnelles sur les premiers dossiers législatifs de la proposition de Pacte sur la migration et l’asile. Les dirigeants se sont fixé comme objectif de finaliser la réforme du régime juridique de l’Union en matière d’immigration et d’asile avant les élections européennes de l’année prochaine.

Les ministres de l’Intérieur des États membres de l’UE ont convenu de finaliser leur mandat de négociation sur la plupart des dossiers lors de leur prochaine réunion, tandis que le Parlement européen devrait arrêter sa position sur la plupart des dossiers dans les semaines à venir, ouvrant ainsi la voie à des négociations interinstitutionnelles — appelées trilogues — avant l’été.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]