Minéraux critiques : l’Allemagne conclut un accord avec le Canada pour réduire sa dépendance vis-à-vis de Pékin

L’Allemagne et le Canada ont annoncé mardi 26 août qu’ils allaient renforcer leur coopération dans le domaine de l’extraction des matières premières critiques afin de réduire la dépendance de Berlin vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement chinoises.

EURACTIV.com
Chancellor Merz receives Canadian Prime Minister Carney
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre canadien Mark Carney. [Getty Images/Britta Pedersen_Picture alliance]

Cette initiative est la dernière mesure prise par l’Allemagne pour diversifier son approvisionnement en matières premières et s’affranchir de la Chine.

Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, le chancelier Friedrich Merz a adopté une position ferme à l’égard de Pékin et soutient la stratégie de « réduction des risques » de Bruxelles, tout en évitant un affrontement entre des économies étroitement liées.

Pour l’heure, la Chine reste le principal fournisseur mondial de matières premières critiques. Depuis avril, elle a imposé des contrôles plus stricts à l’exportation de plusieurs éléments de terres rares, exposant ainsi davantage les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement.

« Le Canada peut jouer un rôle dans l’accélération de cette diversification pour l’Allemagne et pour l’Europe », a déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney mardi.

Le Canada a classé 34 matières premières comme critiques. Elle peut se targuer d’en extraire 26 sur son territoire. 24 de ces matières premières sont également considérées comme critiques par l’UE, et 13 comme stratégiques.

La déclaration publiée mardi par l’Allemagne et le Canada souligne l’importance des minéraux critiques non seulement pour la croissance économique, mais aussi pour les applications de défense, la transition vers les énergies propres, les technologies de pointe et les technologies propres.

Les terres rares sont utilisées dans une large gamme de produits, des batteries de voitures électriques aux éoliennes en passant par les disques durs d’ordinateurs.

« C’est une collaboration que je salue vivement et que nous soutenons », a pour sa part indiqué Friedrich Merz.

Le nouveau pacte s’appuie sur des cadres existants, tels que le partenariat stratégique entre l’UE et le Canada sur les matières premières établi en juin 2021, et intervient alors que le bloc intensifie ses efforts dans le cadre de la loi sur les matières premières critiques (CRMA), entrée en vigueur en mai 2024.

La présidente de la Commission européenne avait qualifié le rapprochement UE-Canada de « correspondance parfaite ».

Rapprochement dans le domaine de la défense

Ottawa et Berlin prévoient également de renforcer leurs liens en matière de défense, Mark Carney se rend mardi à Kiel, en Allemagne, pour visiter ThyssenKrupp Marine Systems, un important constructeur de navires militaires et de sous-marins.

Le Canada, qui cherche à remplacer sa flotte de sous-marins vieillissante, a annoncé mardi qu’il avait présélectionné deux soumissionnaires : le consortium germano-norvégien ou un constructeur sud-coréen.

Friedrich Merz s’est félicité de l’intérêt du Canada. « Si le Canada venait à rejoindre [le partenariat sur les sous-marins], cela enverrait un signal fort » en faveur du maintien de la sécurité collective.

(asg)