Ministres de l’Agriculture : oui à l’aide aux pêcheurs, non aux réformes agricoles [FR]

Les ministres européens de l’Agriculture et de la pêche ont soutenu une aide globale de 2 milliards d’euros pour aider les pêcheurs à s’adapter à la hausse des prix du carburant. En revanche, la grande majorité des ministres a attaqué les plans de la Commission destinés à réduire les subventions agricoles dans le contexte actuel de crise alimentaire mondiale.

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Les ministres européens de l’Agriculture et de la pêche ont soutenu une aide globale de 2 milliards d’euros pour aider les pêcheurs à s’adapter à la hausse des prix du carburant. En revanche, la grande majorité des ministres a attaqué les plans de la Commission destinés à réduire les subventions agricoles dans le contexte actuel de crise alimentaire mondiale.

Au sortir de la réunion du 15 juillet, un porte-parole de la présidence française a déclaré que les ministres de l’Agriculture et de la pêche étaient parvenus à un accord sur les mesures d’urgence destinées au secteur de la pèche à la majorité qualifiée. 

Selon ces mesures, les gouvernements auront la possibilité d’augmenter le plafond de l’aide pour les bateaux de pèche à 100 000 euros sur trois ans. Actuellement, ce plafond se situe à 30 000 euros (EURACTIV 18/06/08). D’autres actions, visant à réduire la surcapacité et la dépendance au carburant de la flotte de pêche ainsi qu’à augmenter la valeur de vente du poisson, ont elles aussi été approuvées. 

Cette initiative intervient après le tollé général des pêcheurs européens en réponse à l’augmentation des prix du carburant de 240 % depuis 2004. Des pays tels que la France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal et Malte ont été particulièrement touchés. 

Mais les pêcheurs ne sont pas les seuls à protester. En effet, le secteur de l’agriculture européenne a lui aussi été tout particulièrement touché par la récente envolée des prix du carburant et des aliments. Les gouvernements espèrent protéger leurs agriculteurs de souffrances supplémentaires alors que la Commission envisage une réforme à grande échelle des règles européennes en matière d’aide agricole. 

Par conséquent, de nombreux ministres se sont prononcés contre les plans présentés en mai  dernier par la commissaire européenne à l’Agriculture Mariann Fischer Boel. Ces plans visent à limiter le montant de l’aide reçu par les domaines agricoles les plus importants de l’UE, à transférer l’argent des subventions à la production et à mettre élaborer des mécanismes de soutien des prix orienté vers des mesures de développement rural. 

Les ministres français, italiens, allemands, britanniques, luxembourgeois, tchèques et autres ont affirmé que ces plans, sans parvenir à accroître la production, risquaient en outre de porter préjudice aux agriculteurs. 

Le ministre français de l’Agriculture Michel Barnier, dont le pays occupe la présidence de l’UE, a souligné que la réforme doit faire en sorte que les agriculteurs européens produisent des produits de meilleure qualité et en plus grande quantité, et ce d’autant plus que le monde traverse actuellement une période d’insécurité alimentaire. 

Il a ajouté qu’il chercherait à décrocher un accord sur le paquet de réformes agricoles en novembre.