Négociations OMC : la position de la France irrite Mandelson [FR]
Le commissaire au commerce, Peter Mandelson, s'en est pris à la position arrêtée de la France sur la baisse des droits de douane pour les produits agricoles, estimant qu'elle était "inutilement défensive" et qu'elle pouvait bloquer les tentatives de conclure un accord sur les échanges internationaux dans les mois à venir.
Le commissaire au commerce, Peter Mandelson, s’en est pris à la position arrêtée de la France sur la baisse des droits de douane pour les produits agricoles, estimant qu’elle était « inutilement défensive » et qu’elle pouvait bloquer les tentatives de conclure un accord sur les échanges internationaux dans les mois à venir.
A la suite d’une série de rencontres optimistes entre les dirigeants américains et japonais la semaine dernière (EURACTIV 09/01/07), les représentants français ont refroidi les espoirs du commissaire au commerce Peter Mandelson destinés à relancer le cycle de négociations de Doha.
Dans une déclaration le 12 janvier 2007, le ministre français à l’agriculture, Dominique Bussereau, a « fermement rappelé » à P. Mandelson que les limites du mandat de négociation de la Commission avaient déjà été atteintes avec sa proposition, en octobre 2005, de réduire les droits de douane sur les produits agricoles de 39%. P. Mandelson avait toutefois clairement indiqué en juillet, avant la suspension des négociations, qu’il serait prêt à aller plus loin, évoquant une réduction de 51%.
Cependant, le ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a répété que l’offre de 39% était une « ligne rouge », malgré le fait que cette position inflexible ait été l’une des raisons de l’échec des négociations internationales, les Etats-Unis réclamant une baisse de 66% et les pays en développement de 54%.
P. Mandelson a réagi le 15 janvier, déclarant au quotidien français Les Echos : « La position de la France est dure, inutilement défensive ».
Le chef du commerce européen a également demandé à la France de faire en sorte que la négociation ne devienne pas « une partie de football » entre les candidats avant les élections présidentielles d’avril, ce qui compliquerait certainement cette négociation. En effet, tout le monde reconnaît que si aucun accord n’est trouvé dans les deux ou trois prochains mois, la conclusion d’un pacte sera reportée à 2009.
Par ailleurs, les fédérations d’entreprises d’Europe, des Etats-Unis, du Japon, d’Inde, de Chine, du Brésil, de Corée du Sud, d’Australie et du Canada se sont unies le 15 janvier pour appeler les membres de l’OMC à retourner à la table des négociations immédiatement. Selon elles, l’absence d’un accord aurait des conséquences très importantes, notamment « un régionalisme et un protectionnisme accrus, des chocs sur les marchés financiers » et une perte de légitimité pour le système reposant sur des règles multilatérales.