Normalisation des relations Serbie-Kosovo : le Premier ministre kosovar accepte le plan de l’UE
Le Premier ministre kosovar Albin Kurti a déclaré qu’il acceptait la proposition de normalisation des relations avec la Serbie avancée par l’Union européenne et soutenue par la France et l’Allemagne.
Lundi (6 février), à l’issue d’une réunion avec l’envoyé spécial de l’Union pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, Miroslav Lajcak, le Premier ministre kosovar Albin Kurti a déclaré qu’il acceptait la proposition de normalisation des relations avec la Serbie avancée par l’Union européenne et soutenue par la France et l’Allemagne.
Le plan, présenté en 2022, a pour objectif d’apaiser les tensions entre les deux pays, apparues à la suite de la déclaration d’indépendance du Kosovo vis-à-vis de la Serbie en 2008.
La Serbie a juré qu’elle ne reconnaitrait jamais l’indépendance du Kosovo. Au sein de l’Union, la Slovaquie, Chypre, l’Espagne, la Roumanie et la Grèce ne reconnaissent également pas cette indépendance.
« Bonne conversation avec l’envoyé spécial de l’UE, Miroslav Lajcak, lors d’un déjeuner officiel à Pristina. Nous acceptons la proposition de l’Union européenne pour la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie et la considérons comme une bonne base pour de nouvelles discussions, ainsi qu’une base solide pour aller de l’avant », a écrit M. Kurti.
Après la rencontre, l’envoyé spécial de l’UE a annoncé que le Kosovo et la Serbie devaient mettre en œuvre tous les accords passés, y compris celui concernant l’Association des municipalités serbes.
Il a par ailleurs mentionné les six conditions évoquées par le Premier ministre kosovar, qui précisent dans quelles circonstances la création de l’association pourrait être mise en œuvre.
« Les conditions de M. Kurti ont également été mentionnées ; pour nous, il est important de conclure des accords pour la normalisation des relations », a-t-il déclaré.
La Serbie et le Kosovo se sont engagés en 2013 dans un dialogue facilité par l’UE pour la normalisation de leurs relations, mais peu de progrès ont été réalisés jusqu’à présent.
La création de cette association avait été convenue et signée en 2013, sous le gouvernement kosovar précédent, mais cette dernière n’a toujours pas été mise en œuvre, tout comme de nombreux autres accords, du côté kosovar mais également du côté serbe.
Albin Kurti a déclaré que toute association doit être conforme à la constitution et à la législation en vigueur dans le pays. Il a également précisé qu’elle ne peut être mono-ethnique. Le Premier ministre a souligné qu’elle devrait servir de coopération horizontale des municipalités, conformément à la constitution, et qu’elle devrait également renforcer le principe de réciprocité entre la Serbie et le Kosovo.
En outre, avant que l’association ne soit établie, les activités illégales dans le nord, notamment les organisations criminelles, doivent être démantelée et les armes illégales doivent être remises aux autorités. Cet accord doit également faire partie de l’accord final et ne serait mis en œuvre qu’après la confirmation de la reconnaissance mutuelle.
Enfin, l’accord exigerait que la Serbie revienne sur les lettres qu’elle aurait envoyées aux cinq États qui ne reconnaissent pas le Kosovo et dans lesquelles elle leur demanderait de ne pas accepter la demande d’adhésion du Kosovo à l’UE.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]