« Nous ne pouvons pas sacrifier l’Ukraine », selon l’ambassadeur de Lituanie en Suède

«  Nous ne pouvons pas sacrifier l’Ukraine, garder le silence et prétendre que rien ne se passe  », a déclaré mardi à la radio suédoise P1 l’ambassadeur de Lituanie en Suède Giedrius Čekuolis, commentant l’escalade de la situation à la frontière ukrainienne.

EURACTIV.com
Caucasus UN talks to settle the Russia-Georgia conflict
Alors que la crise continue à la frontière ukrainienne, la Lituanie se dit particulièrement préoccupée par la présence de 33  000 soldats russes en Biélorussie voisine, la plus grande concentration de soldats russes dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale. [EPA/SALVATORE DI NOLFI]

«  Nous ne pouvons pas sacrifier l’Ukraine, garder le silence et prétendre que rien ne se passe  », a déclaré mardi à la radio suédoise P1 l’ambassadeur de Lituanie en Suède Giedrius Čekuolis, commentant l’escalade de la situation à la frontière ukrainienne.

«  La situation est très très grave, ces 130  000 soldats sont une véritable menace, non seulement pour l’Ukraine mais aussi pour toute l’architecture de sécurité européenne  », a-t-il déclaré lors d’une interview pour l’émission de radio suédoise P1 Morgon.

Alors que la crise continue à la frontière ukrainienne, la Lituanie se dit particulièrement préoccupée par la présence de 33  000 soldats russes en Biélorussie voisine, la plus grande concentration de soldats russes dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale.

«  La situation est très dangereuse car nous ne savons pas si ces troupes vont partir ou rester  », a-t-il déclaré. « M.  Lukashenko, le dictateur de la Biélorussie, n’a aucun soutien de son peuple, il est donc maintenant complètement à la merci des Russes  », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il a rappelé que l’Ukraine est le pays le plus gravement touché par la crise actuelle et que la Lituanie a envoyé des équipements militaires à Kiev. Il s’agit notamment d’armes antichars et antiaériennes de fabrication américaine destinées à assurer la sécurité de l’Ukraine.

M. Čekuolis a ajouté que si aucune mesure n’était prise, «  Vladimir Poutine poursuivra ses exigences (…) et il tentera de tracer ces lignes de sécurité pour ruiner l’architecture de sécurité existante en Europe.  »

«  Cela contredit le principe fondamental de l’OTAN, selon lequel chaque pays est libre de choisir ses alliances de défense  », a-t-il ajouté.

Selon l’ambassadeur, M. Poutine utilise ses troupes pour faire pression sur les États-Unis et l’Occident, une stratégie qui lui a jusqu’à présent profité. Il en veut pour preuve le ballet des responsables occidentaux qui ont afflué à Moscou depuis le début de la crise.

«  Pour M. Poutine, l’escalade de cette situation est très pratique. Je pense que pour l’instant il est en train de gagner parce que certains dirigeants européens font la queue pour lui rendre visite tandis que d’autres font la queue pour l’appeler, et c’est bon pour lui  », a déclaré l’ambassadeur lituanien.